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  • Roch WAMYTAN
  • Homme politique, membre de l'Union Calédonienne et du FLNKS, Signataire de l'accord de Nouméa en 1998, Président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès de la Nouvelle-Calédonie
  • Homme politique, membre de l'Union Calédonienne et du FLNKS, Signataire de l'accord de Nouméa en 1998, Président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès de la Nouvelle-Calédonie

Vidéos

Citoyenneté calédonienne socle du destin commun
Présentation d'une loi de pays proposant le drapeau du FLNKS comme drapeau du Pays                   
   
Bilan des déplacements dans la région du président du Congrès (coopération interparlementaire)         
       
7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 20:06
 La colonisation en Nouvelle-Calédonie: un dossier politiquement clos?

PACIFIC REGIONAL SEMINAR OF THE SPECIAL COMMITTEE OF 24

“Implementation of the Third International Decade for the Eradication of Colonialism: commitments and actions for decolonization in the Non-Self-Governing Territories”

Managua, Nicaragua 31 May to 2 June 2016

M. Roch Wamytan
President of the UC-FLNKS and Nationalists Group
at the Congress of New Caledonia

Monsieur le Président du Comité spécial de décolonisation,

Mesdames et Messieurs les membres du Comité spécial de décolonisation,
Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi tout d’abord de remercier chaleureusement le président du Nicaragua, Daniel Ortega, son gouvernement, et le peuple du Nicaragua, pour l’accueil chaleureux qui nous est fait une nouvelle fois, à l’occasion de ce séminaire régional.

Je voudrais de même remercier les membres du comité spécial des 24 ainsi que son président Mr Rafael Darío Ramírez Carreño pour cette invitation, à participer aux travaux de ce séminaire, en ma qualité d’ancien président du FLNKS, signataire de l’accord de Nouméa de 1998 et président du groupe politique indépendantiste, le groupe UC-FLNKS et Nationalistes, au congrès de la Nouvelle Calédonie.

Comme nous l’avons souvent rappelé devant les instances de l’ONU, depuis la prise de possession de la Nouvelle Calédonie en 1853, le peuple kanak n’a cessé de subir une colonisation de peuplement par la France. Celle-ci se poursuit encore de nos jours, malgré le processus de décolonisation en cours depuis les Accords de Matignon (1988) et de Nouméa (1998), malgré l’engagement de l’Etat, en 1988, à réduire les flux migratoires de ses nationaux français, malgré enfin les dispositions de la charte de 1960 et des diverses résolutions prorogeant les décennies pour l’éradication du colonialisme.

Cette colonisation de peuplement a rendu le peuple kanak peu à peu minoritaire dans sur sa propre terre. Or, notre pays est aujourd’hui à un point crucial de son histoire puisque nous arrivons au terme de l’Accord de Nouméa et qu’à partir de 2018, la population concernée sera appelée à s’autodéterminer lors d’une consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté.

En ce sens, une question fondamentale se pose pour la Nouvelle-Calédonie, qui va fêter cette année ses 30 ans de réinscription sur la liste des territoires non autonomes des Nations Unies, c’est-à-dire depuis 1986. Cette question est la suivante : la colonisation de la Nouvelle-Calédonie par la France est-elle un dossier politiquement clos ?

Nous, peuple kanak, peuple colonisé de Nouvelle-Calédonie, affirmons avec force que la colonisation de la Nouvelle-Calédonie par la France n’est pas un dossier politiquement clos.
Nous souhaitons aujourd’hui à travers cette intervention poser également cette question au Comité de décolonisation des Nations Unies : pensez-vous que la colonisation de la Nouvelle-Calédonie par la France est un dossier politiquement clos ?

Pourtant, c’est ce que tente de faire croire notre puissance administrante, la France, aux populations locales, comme devant les instances internationales concernées. Elle se donne le droit de décider unilatéralement de ce qui est politiquement clos ou non dans le processus de décolonisation en cours dans notre pays.

En effet lors du dernier Comité des signataires de l’accord de Nouméa qui s’est tenu à Paris en février 2016, les représentants de l’Etat français en position majoritaire avec leurs alliés calédoniens non-indépendantistes, ont déclaré et imposé à la minorité indépendantiste la fait que le contentieux concernant le corps électoral provincial, était « politiquement clos », faisant croire toutefois que cette entente était celle des trois partenaires de l’Accord de Nouméa : puissance administrante, partis indépendantistes et partis non indépendantistes. Dans les faits cette décision a été prise à la majorité et non suivant le principe du consensus pratiqué habituellement. Ainsi le colonisateur décide de ce qui est "politiquement clos" et se sert des groupes politiques issus de sa colonie de peuplement pour imposer sa volonté politique contre celle des indépendantistes kanak. Cette situation étant la conséquence de la politique de peuplement de nationaux français en Nouvelle Calédonie, une politique dument réfléchie et organisée. Ayant pris de l’ampleur à partir de la visite du général De Gaulle en 1956, cette politique qui s’est accélérée dans les années 70 et à la suite des accords de Matignon (1988) et Nouméa (1998) avait qu’un seul objectif, noyer définitivement sous le nombre, la revendication nationaliste kanak.

Fort de ces décisions, la puissance administrante poursuit dès lors les déclarations dans ce sens, comme l’a fait le premier ministre Manuel Valls dans son discours au Congrès de la Nouvelle-Calédonie le 29 avril dernier, décrétant ainsi que les décisions des commissions administratives spéciales sur l’établissement et la révision des listes électorales pour les élections provinciales et les élections référendaires de 2018, se feront sur la base des soi-disant accords politiques des Comités des signataires, et non plus sur la base de la loi.
De plus, alors que 2016 est la première année de préparation de la liste électorale spéciale pour la consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté, nous découvrons que 25 000 Kanak ne pourront pas être inscrits sur cette liste sous prétexte qu’ils ne sont pas préalablement inscrits sur la liste générale de Nouvelle-Calédonie. 25 000 Kanak ne pourront donc pas exercer leur droit à l’autodétermination, revendiqué depuis plus de 40 ans en tant que seul peuple autochtone et colonisé de Nouvelle-Calédonie. Mais alors qui est concerné par l’autodétermination de notre pays, c’est la question que l’on peut se poser ?

Il convient ainsi de considérer dans quelle mesure la puissance administrante respecte ses engagements nationaux et internationaux en ce qui concerne le processus de décolonisation de la Nouvelle Calédonie. Prépare-t-elle ce Territoire non autonome à sa décolonisation et à un acte d’autodétermination pleinement libre, transparent et donc acceptable ou met-elle en place toutes les conditions pour que ce Territoire non autonome demeure au sein de son ensemble ultramarin au nom des intérêts supérieurs de la nation et de sa place dans le monde ? Joue-t-elle franc jeu dans la mise en œuvre du processus de décolonisation et d’émancipation ou pose-t-elle des obstacles permanents freinant ce processus ?

Nous ne sommes pas dupes des manœuvres récurrentes de notre colonisateur et malheureusement pour nous, peuple kanak, la colonisation de la Nouvelle-Calédonie par la France est loin d’être politiquement close. L’indépendance de notre pays devant se gagner par le vote, la définition du corps électoral est depuis bien longtemps un enjeu central, c’est question constitue la « mère des batailles ». L’histoire coloniale montre que la puissance administrante a toujours usé et abusé de manœuvres en la matière : double collège, colonie de peuplement, vrais faux référendum coloniaux, trucage des listes, etc. L’objectif est de s’assurer que le peuple kanak et les indépendantistes soient minoritaires et ainsi faire barrage à l’indépendance selon sa politique de ligne rouge de l’indépendance interdite. Ainsi le mouvement indépendantiste doit -il à chaque fois se battre contre cette politique tendant à favoriser l’implantation de populations extérieures afin de noyer le peuple kanak démographiquement et d’empêcher l’indépendance du pays. La « démocratie » par l’immigration incontrôlée et les fraudes électorales devient une arme mortelle contre le peuple colonisé. La lecture du rapport des observateurs de l’ONU à l’œuvre en Nouvelle Calédonie de mars à juillet 2015 apportera un éclairage à ce niveau.

Depuis des décennies, le mouvement indépendantiste kanak fait face à ces types de stratégies orchestrés pour contrer l’indépendance. Récemment encore le mouvement indépendantiste a subi des tentatives de division qui ne sont encore que des manœuvres supplémentaires parmi toutes celles déjà subies en plus des assassinats de leurs leaders, la plus part d’entre eux restant d’ailleurs sans enquête fiable sur les circonstances de ces drames.
Nous sommes parfaitement conscients que ces stratégies existent et nous savons identifier les commanditaires derrière les petites mains à la manœuvre ou au-delà des propos lénifiant de certains responsables affirmant que l’Etat est un arbitre impartial et équidistant et qu’in fine ce seront les calédoniens qui décideront de leur destin par référendum.

Ainsi la puissance administrante se donne en Nouvelle-Calédonie le rôle d’arbitre et de « facilitateur », selon ses propres mots, notamment dans le dossier de préparation de l’avenir institutionnel du pays, et comme si elle n’était pas responsable du fait colonial de notre pays. Toujours fidèle à sa devise : garder la Nouvelle Calédonie française, la France colonisatrice prépare encore une fois un nouvel accord qui lui permettra de préserver ses intérêts en Nouvelle-Calédonie. Un dispositif de type « France Afrique » est bien le modèle qui nous est préparé. Le risque encouru serait que la consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté porte sur un nouvel accord au lieu de porter sur l’autodétermination et sur l’indépendance du peuple kanak et des citoyens de la Nouvelle-Calédonie.

Face à une politique d’intégration et d’assimilation de la puissance administrante, aux effets néfastes et parfois dévastateurs, prenant parfois l’allure d’un « génocide culturel » pour le peuple kanak, permettez-moi de réitérer les demandes déjà formulées l’an passé ici même. Que l’ONU puisse pérenniser ses visites en Nouvelle Calédonie dans la perspective de l’acte d’autodétermination prévu en fin 2018,et qu’ au cours de cette période un séminaire de décolonisation soit organisé à Nouméa. Par ailleurs nous sollicitons une implication soutenue du Comité de décolonisation afin d’aider la Nouvelle Calédonie dans les procédures d’établissement et la révision des listes électorales spéciales dans le cadre de la préparation de la consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté. Nous souhaitons enfin pouvoir bénéficier d’experts de haut niveau dans le cadre de la réflexion sur les transferts des compétences régaliennes. Tout ceci nous semble capital dans le processus de décolonisation en cours. Bien évidemment un dialogue permanent et constructif avec la puissance administrante reste un passage obligé.

Nous souhaitons également profiter de l’occasion de cette prise de parole pour remercier sincèrement et chaleureusement l’équipe d’experts, et son président Flavien Misoni, mandatés par l’Assemblée générale des Nations Unies pour observer le travail des commissions administratives spéciales d’établissement et de révision des listes électorales et de la commission consultative d’experts. Leur rôle est ô combien important pour notre peuple et notre pays.

Je vous remercie

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 09:51

consule général d'australie 2014

Mardi 4 février dernier, Mme Heidi Bootle, Consule Générale d’Australie et moi, en ma qualité de Président honoraire de l’association, avons officiellement lancé la mise en place du réseau des étudiants diplômés en Australie par le biais d’une bourse d’étude du gouvernement australien. 
La Consule Générale a précisé que “ce réseau apporte un socle sur lequel nos liens bilatéraux pourront se renforcer dans les domaines de l’éducation et de la formation. Ce réseau permettra également à ses membres d’accroître les possibilités d’échange avec l’Australie et de contribuer à leur propre développement professionnel et personnelˮ. 
Ce réseau sera amené à participer à diverses activités ciblées incluant des évènements culturels et professionnels ainsi que des rencontres avec des visiteurs officiels. 
Le gouvernement australien offre chaque année aux trois collectivités françaises du pacifique environ une quinzaine de bourses d’études aux candidats les plus talentueux leur donnant ainsi l’opportunité de poursuivre des études supérieures tout en bénéficiant d’une prise en charge intégrale. Le programme cible des secteurs clés pour l’Australie et la Nouvelle-Calédonie et les sélections, sont conduites en partenariat avec le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. 
Ce programme de bourse a déjà soutenu des centaines de Calédoniens qui occupent à présent des postes à responsabilité aussi bien dans le secteur privé que dans la fonction publique. 

J'ai félicité les étudiants d’avoir pris cette initiative courageuse de s’expatrier quelques mois ou quelques années en Australie pour y étudier. Cette expérience aura forcément été enrichissante et aura permis outre le fait d’être parfaitement bilingue, de découvrir un pays, des habitants, une culture et des mentalités différentes et sans nul doute d’acquérir une meilleure compréhension de la mondialisation et de ses enjeux.

J'ai rappelé que les avantages de faire ses études à l’étranger et notamment en Australie sont nombreux, l’ouverture sur le monde, la maîtrise de la langue anglaise, un avantage réel sur un curriculum vitae. 
Le consulat a souhaité valoriser et pérenniser les liens qui ont été tissés au travers de l’expérience des étudiants en proposant la mise en place de cette association. 
J'ai également rappelé qu’il est important que la Nouvelle-Calédonie développe des échanges à tous les niveaux avec les pays du pacifique et notamment l’Australie. Le pays doit s’insérer dans son milieu naturel, c’est le principe de réalité géographique qui s’impose.

Dans ce contexte favorable, l’association des anciens étudiants australiens pourrait être un formidable levier du développement de cette coopération entre les deux pays.

En ma qualité de parrain de cette association, je m’attacherai à la soutenir, en mettant mes relations et mon réseau à disposition de ses membres et des projets à venir. 
Pour obtenir de plus amples informations concernant les inscriptions à ce réseau, veuillez consulter : 
- le site web du Consulat Général d’Australie : www.australianconsulatenoumea.embassy.gov.au 
- page Facebook l’Australie en Nouvelle-Calédonie 

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 23:38

BILAN DE L’ACTIVITE DU CONGRES DE LA NOUVELLE- CALEDONIE PAR RAPPORT

A

L’ACCORD DE NOUMEA

Monsieur le Ministre des affaires étrangères de Fidji,

Monsieur le Ministre de la pêche et des ressources marines des Iles Salomon,

Monsieur le Haut commissaire des Iles Salomon,

Monsieur le Haut commissaire de Papouasie Nouvelle Guinée,

Monsieur le Ministre des affaires étrangères du Vanuatu,

Monsieur le Haut commissaire du Vanuatu,

Monsieur le Directeur Général du GFLM,

Je suis ravi de vous accueillir pour cette nouvelle visite ministérielle organisée par le secrétariat du GFLM visant à observer et évaluer la mise en œuvre de l’accord de Nouméa en Nouvelle-Calédonie, sachant que la dernière visite ministérielle date de juin 2010.

J’ai été élu en qualité de président du congrès depuis le mois d’avril 2011 et je me suis attaché durant ma mandature à faire évoluer l’institution pour la rendre performante et prête à relever les défis que représentent les transferts de compétence.

 

Mes chantiers ont été la réorganisation de l’administration, la formation des élus avec la venue d’experts de haut niveau, la mise en place d’un centre de documentation et de recherche pour les élus, la mise en place d’outils de communication moderne avec la mise en place de la retransmission des séances en direct sur le site internet, l’organisation de rendez vous du congrès sur diverses thématiques pour ramener le débat au sein de l’institution et évidemment la coopération régionale que je développerais plus après.

La loi organique prévoit que le renouvellement des membres du bureau et du président du congrès a lieu chaque année. Celui-ci est prévu pour le 29 août prochain...

Je vais maintenant vous livrer quelques éléments de réflexion sur le bilan de l’activité législative du congrès de la Nouvelle-Calédonie durant ma mandature soit pour la période d’avril 2011 à aujourd’hui, au regard des orientations déclinées dans l’accord de Nouméa.

Je vais décliner mon intervention en quatre points :

1. Le Bilan législatif au regard des thématiques évoquées dans l’accord de Nouméa.

Nous avons durant ces 14 mois adoptés des textes importants pour la société calédonienne, 13 Lois de pays et 119 délibérations.

Si la majorité des projets de textes émanaient du gouvernement, l’on peut constater que les élus du congrès ont été dépositaires de 11 propositions de textes. C’est la preuve que notre assemblée a su se saisir des compétences qui lui ont été transférées et des problématiques de la société calédonienne.

Je vous propose de prendre des exemples remarquables de textes adoptés en fonction des thèmes abordés par l’accord de Nouméa.

Les Transferts de compétence de l’Etat français à la Nouvelle-Calédonie :

Les trois derniers transferts de compétence prévus dans le cadre de l’accord de Nouméa et la loi organique ont été votés cette année. Il s’agit de la compétence de la sécurité civile, du droit civil et du droit commercial.

En matière de sécurité civile, la loi du pays n° 2012-1 du 20 janvier 2012 relative au transfert à la Nouvelle-Calédonie de la compétence de l’Etat en matière de sécurité civile prévoit que le transfert interviendra à compter du 1er janvier 2014.

La sécurité civile a pour objet la prévention des risques de toute nature, l’information et l’alerte des populations ainsi que la protection des personnes, des biens et de l’environnement contre les accidents, les sinistres et les catastrophes par la préparation et la mise en œuvre de mesures et de moyens appropriés.

En matière de droit civil et de droit commercial, la loi de pays n° 2012-2 du 20 janvier 2012, prévoit que les transferts doivent intervenir au plus tôt le 1er juillet 2013 et au plus tard le 14 mai 2014.

Les matières du droit civil transférées comprennent par exemple, le droit des personnes, le droit des biens et de la propriété.

Les matières du droit commercial concernent le droit du commerce en général, l’organisation des juridictions commerciales, le commerce maritime.

Ces trois transferts de compétences ont été votés dans le cadre de lois de pays conformément au calendrier législatif prévu dans l’accord de Nouméa.

Dans ce cadre, le congrès a fait appel à un professeur agrégé de doit de Sciences Politiques Paris pour aider les élus calédoniens à définir une méthodologie du transfert et réfléchir aux fondements d’un code civil et commercial calédonien.

Les Perspectives :

Il reste également à voter le transfert de l’Agence de développement rural et d’aménagement foncier en charge de la réforme foncière. L’ADRAF sera le dernier établissement public à être transféré après l’Agence de développement de la culture Kanak (ADCK) et le Centre de documentation pédagogique (CDP).

Pour l’avenir, sous réserve d’un accord politique, le groupe indépendantiste devrait déposer une résolution pour demander le transfert de l’article 27 de la loi organique.

Il s’agit des compétences suivantes :

- Les règles relatives à l’administration des provinces, des communes et de leur établissement publics, contrôle de légalité des provinces, et régime comptable et financier des collectivités publiques.

- L’enseignement supérieur

- La communication audiovisuelle.

L’identité kanak:

Un projet de Vœu concernant l’application à la Nouvelle-Calédonie des principes de la Déclaration des nations unies sur les droits des peuples autochtones adoptée en septembre 2007 est en cours de discussion.

La terre :

- Une délibération n° 194 du 5 mars 2012 fixant les modalités de délimitation des zones de développement prioritaires (ZODEP) de la Nouvelle-Calédonie. Ce texte permet au gouvernement d’instituer des zones de développement prioritaires limitées géographiquement qui pourront bénéficier d’un régime fiscal privilégié. Ce système permettra de favoriser le développement social, économique et écologique de l’ensemble du territoire de la Nouvelle-Calédonie.

La politique sociale :

- Loi du pays n° 2011-7 du 28 décembre 2011 portant modification du complément de retraite de solidarité et de l’aide sociale aux personnes âgées.

2. Les commissions spéciales :

Outre le rééquilibrage institutionnel, l’accord de Nouméa comprend également le rééquilibrage économique et social.

Or celui-ci peine à se traduire dans les faits. Par ailleurs, le coût élevé de la vie, qu’il soit comparé aux autres pays de la zone, à la métropole ou aux départements d’Outre-Mer, exclut des circuits économiques des milliers de Calédoniens et accroit l’impact des inégalités de richesse.

Notre représentation a souhaité répondre à ces problématiques en créant deux commissions spéciales :

La commission spéciale sur la vie chère que je préside, créée par délibération n° 146 du 1er septembre 2011, qui permet à tous les partenaires d’étudier ensemble les réformes nécessaires à la baisse de la cherté de la vie en Nouvelle-Calédonie. Nous avons donc abouti à la signature d’un document « les accords économiques et sociaux », le 12 juin dernier. Ce document implique toutes les catégories de la population calédonienne dans une optique de rééquilibrage économique et social, de réduction des inégalités. Ils concernent les deux volets complémentaires des prix et des revenus. Ils annoncent des réformes de structure de l’économie calédonienne, visant à la moderniser, à permettre une meilleure redistribution des fruits de la croissance et à favoriser l’emploi.

La commission spéciale fiscalité, créée par délibération n° 71/CP du 21 octobre 2011 chargée d’étudier les textes relatifs à la réforme globale de la fiscalité calédonienne. Cette commission a été créée suite à une proposition de délibération que j’ai déposé en 2010. Elle est actuellement présidée par Mme Caroline MACHORO, présidente du groupe FLNKS.

Cette commission vise les objectifs suivants :

- Augmenter les ressources fiscales de la collectivité ;

- Garantir les équilibres en terme de redistribution notamment aux autres collectivités dans le cadre du budget de répartition ;

- Assurer le financement des réformes sociales à venir ;

- Assurer une meilleure équité fiscale.

3. Les symboles et signes identitaires :

Plusieurs projets de textes ont été déposés concernant le drapeau commun. J’ai moi même en qualité de président du groupe FLNKS déposé une proposition de loi de pays sur ce sujet.

Par ailleurs, en ma qualité de président de l’institution, j’ai entamé un travail sur le logo, la signalétique du congrès pour pouvoir intégrer les signes identitaires kanaks (deux drapeaux, sculptures).

4. Les relations régionales :

J’ai souhaité mettre en place une coopération interparlementaire avec les pays de la région pacifique. Pour cela plusieurs missions d’approches ont réalisées avec le Vanuatu, la Papouasie Nouvelle-Guinée, les Iles Salomons, Fidji, l’Australie qui ont mis en évidence l’intérêt de l’ensemble des présidents d’assemblées étrangères rencontrées de développer cette coopération dans les domaines variés.

  • Exemple de coopération :

Convention signée avec le parlement du Vanuatu, grâce à l’aide du congrès, celui-ci se verra doter prochainement d’un système de retransmission des séances en direct. (Délibération n° 164 du 10 décembre 2011 habilitant le président du congrès à négocier et à signer une convention de partenariat entre le Parlement de la République de Vanuatu et le congrès de la Nouvelle-Calédonie).

La convention que nous avons signée avec le groupe du fer de lance mélanésien permet au secrétariat d’accorder une assistance dans les déplacements, interprétariat, francophonie et formation. Également l’installation de micros et de matériel pour l’interprétariat.

Un avenant à la convention signée en février 2012 à Port-Vila (siège du M.S.G) sera d’ailleurs signée ce soir.

  • Moyens mis en place au congrès :

- mise en place d’un système de visioconférence pour pouvoir dialoguer avec les assemblées délibérantes de la région,

- mise en place d’une commission intérieure dédiée aux relations extérieures.

Par ailleurs, je viens de participer en qualité d’observateur à Apia, Samoa les 6 et 7 août dernier à l’atelier de travail du « Pacific Parliamentary Network », regroupant les parlements de la région Pacifique. Cet atelier de travail s’effectuait sous le patronage de l’Union Interparlementaire, une organisation internationale des parlements créés en 1889.

Le thème de la conférence était : L’évolution des relations entre les Parlement et leurs communautés dans le Pacifique.

Cette invitation du Congrès de la Nouvelle-Calédonie comme observateur à cet atelier régional est la première suite concrète de la visite effectuée par la délégation du Congrès au Parlement de Canberra en avril dernier. Ledit atelier concerne le groupe ASIE PACIFIQUE de l'Union Interparlementaire (UIP) qui regroupe 162 membres et 10 membres associés.

Je souhaite que dans le cadre des transferts de compétences, notre représentation puisse dans le cadre de l’exercice de cette compétence normative, réaliser des emprunts aux systèmes juridiques de la région qui permettraient par exemple de faciliter la fluidité des rapports entre le territoire et les autres pays de la zone pacifique.convention-MSG-director.jpg

Nous allons maintenant procéder à la signature de l’avenant de la convention entre le congrès de la Nouvelle-Calédonie et le secrétariat du Groupe du fer de lance mélanésien avant de partager le kava de l’amitié suivant la tradition océanienne.

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 22:01

Rw-Pf-pape.jpegC’est pratiquement gravé dans le marbre : la journée du mercredi 14 décembre 2011 restera à tout jamais inscrite en lettres d’or dans les annales de la Nouvelle-Calédonie. Car ce jour-là - et pour la première fois - deux hauts responsables politiques locaux, en l’occurrence le sénateur Pierre Frogier et le président du Congrès Roch Wamytan, ont eu le privilège de parler avec le pape sous les lambris du Vatican. Et, surtout, de baliser la voie dans laquelle le Caillou s’est engagé pour son avenir institutionnel. Retour sur cette rencontre quasi-historique avec l’un des deux participants : le très catholique Grand chef de Saint-Louis…

 

Lorsque par l’intermédiaire de Pierre Frogier, vous avez pris connaissance du rendez-vous programmé au Vatican, quelle fut votre première impression ?

 

Roch Wamytan : Une énorme surprise bien évidemment ! Certes, avant même que le contact soit officiel, Pierre Frogier avait évoqué à maintes reprises cette possibilité de rencontrer le Saint Père, mais j’avoue que j’avais du mal à imaginer cet instant aussi formidable que privilégié qu’est cet honneur de se retrouver en tête-à-tête devant le pape. C’est-à-dire, ne l’oublions pas, devant le chef spirituel de l’Eglise catholique romaine qui rassemble un peu plus d’un milliard de fidèles répartis aux quatre coins du monde !... D’où cette heureuse surprise assortie d’un sentiment d’honneur et de fierté.

Ce n’était pourtant pas votre première visite au Vatican. Et ce n’était pas non plus la première fois que vous vous retrouviez devant un pape…

Roch Wamytan : Effectivement, j’ai eu par le passé l’occasion de me rendre à quatre reprises au Vatican. D’abord en 1975, à la faveur d’une audience publique accordée par Paul VI. Ensuite lors de trois audiences, elles-aussi publiques, présidées par Jean-Paul II. Mais avec Benoît XVI, c’était totalement différent dans la mesure où il nous a accordé quelques minutes d’entretien privé…

 

Quelques minutes d’autant plus intenses qu’à notre connaissance, aucun responsable politique calédonien n‘avait eu jusqu’alors ce privilège…

 

Roch Wamytan : C’est vrai ! Mais si vous me le permettez, je préciserai qu’en son temps le regretté grand frère Jean-Marie Tjibaou avait cherché à rencontrer Jean-Paul II. Dans cette optique, il avait essayé d’organiser cette approche par le biais de la Conférence des Evêques de France. Malheureusement, divers paramètres ont fait que cette tentative n’a jamais abouti.

 

A l’issue de l’audience solennelle est venu le fameux instant où Pierre Frogier et vous-même avez été conviés à venir près du Saint Père. Le fervent catholique que vous êtes devait être très impressionné. On chuchote même que vous étiez tétanisé…

 

Roch Wamytan : Le terme n’est pas trop fort ! A tel point que j’ai tout d’abord eu du mal à sortir un mot, tandis que Pierre Frogier, lui, était carrément aux anges !

Pourtant, la veille, on s’était en quelque sorte entraîné. En effet, forts des recommandations strictes émises par les responsables du protocole, nous nous étions exercés pour transmettre au mieux le message…

Justement, quelle était la nature du message que vous vouliez faire passer ?

 

Roch Wamytan : Il s’agissait pour nous d’expliquer à Benoît XVI que la Nouvelle-Calédonie - dont les racines chrétiennes sont profondément ancrées - est aujourd’hui engagée sur le chemin de l’émancipation. Il s’agissait aussi d’insister sur le fait que cette démarche s’inscrit dans un processus à la fois original et pacifique. Mais il s’agissait encore de dire que l’on recherche actuellement une solution visant au bien-être de tous les Calédoniens, quelles que soient leur ethnie ou leurs origines, tout en reconnaissant que nous ne l’avons pas encore trouvée.

Au passage, nous avons bien entendu averti le Saint Père que cette quête de la solution idéale s’effectue avec des positionnements différents entre les partisans d’une autonomie la plus large possible et ceux qui prônent l’indépendance pure et simple. Avec cette question primordiale pour notre avenir : entre les deux tendances, quelle alternative, quel compromis possible ?

 

Vous cherchiez en quelque sorte une bénédiction papale ?

Roch Wamytan : Pas du tout ! Notre démarche ne s’inscrivait pas dans cette optique, ni dans celle de vouloir instrumentaliser à tout prix le pape en lui demandant d’avaliser à chaud tout ce que l’on lui présentait. En fait, nous souhaitions l’inciter à analyser ce processus de réconciliation entre nos familles, au travers du cheminement de notre Histoire.

 

Benoît XVI s’est-il montré attentif ? Et d’après vous, quel rôle peut-il jouer quant à l’avenir institutionnel du Caillou ?

 

Roch Wamytan : Oui, tout au long de l’entretien, qui s’est déroulé en Français, le Saint Père a manifesté un grand intérêt. Je dirai qu’Il nous a écoutés avec beaucoup d’attention et de ferveur. Quant au rôle qu’il serait susceptible de jouer par la suite, je suis intimement convaincu que Benoît XVI saura intervenir auprès des plus hauts responsables de la République française, soit par les voies diplomatiques traditionnelles, soit par l’intermédiaire de la hiérarchie catholique.

Vous a-t-il chargés, le sénateur Frogier et vous-même, de transmettre un message aux Calédoniens ?

Roch Wamytan : Un message de paix tout simplement. A l’issue de notre exposé, il a eu ces mots : « c’est très bien. Continuez ainsi dans cette voie. Vous avez ma bénédiction… »

 

Le pape un jour prochain en Nouvelle-Calédonie. D’après-vous, pure utopie ou perspective envisageable ?

 

Roch Wamytan : Ce n’est pas utopique. Mais en définitive, tout dépendra de sa santé. Car ce n’est un secret pour personne : l’âge, la fatigue et la maladie font que le souverain pontife est astreint à un calendrier très restrictif. En outre, n’oublions pas que le Caillou se situe aux antipodes de Rome. D’ailleurs, à ce propos, dès qu’il a eu connaissance de notre provenance, Benoît XVI s’est écrié : « La Nouvelle-Calédonie ? Oh, mais c’est très loin d’ici !... »

 

Il y avait deux Roch Wamytan au Vatican : le catholique et le politique. Malgré tout, le second nommé a dû jouer un rôle plus important que le premier ?

 

Roch Wamytan : C’est vrai. Car même si, comme je vous l’ai indiqué, le catholique que je suis était littéralement tétanisé devant le chef spirituel de l’Eglise catholique romaine, le responsable politique se devait de prendre le dessus afin d’évoquer et de défendre au mieux le dossier calédonien et son devenir.

 

 

 

Exergues possibles

 

« Devant le Saint Père, j’étais tétanisé. Mais Pierre Frogier, lui, était carrément aux anges ! »

« Nous souhaitions inciter le pape à réfléchir sur le processus de réconciliation entre nos familles »

« Je suis convaincu que Benoît XVI saura intervenir auprès des plus hautes instances de la République française »

 

 

Hors texte

La coutume honorée

Outre un panorama politico-social de la Nouvelle-Calédonie, le Souverain pontife a également eu droit à la première de ses spécificités : la coutume mélanésienne.

 

En effet, à l’issue de l’entretien privé, Roch Wamytan et Pierre Frogier ont offert des cadeaux à Benoît XVI qui a ainsi reçu un magnifique ouvrage historique – « Marin et missionnaire », un livre écrit en 1892 par un père jésuite, traitant de l’origine de l’évangélisation dans le Pacifique – et trois monnaies kanak.

 

En ce qui concerne ces monnaies, laissons le président du Congrès s’exprimer : « les deux monnaies symbolisent le peuple originel, en l’occurrence le peuple kanak qui a accepté l’arrivée sur ses terres d’autres peuples venus d’autres horizons, d’autres latitudes. Quant à la troisième, elle personnifie l’Evangile qui s’est implantée sur la Grande terre et aux Iles avec la venue des missionnaires catholiques et protestants. Et les trois réunies veulent représenter toutes ces ethniques appelées à ne former demain qu’un seul peuple… ».

 

Est-il utile d’ajouter que le pape a beaucoup apprécié notre coutume ainsi honorée sous les voûtes célestes du Vatican ?....

 

Hors texte

 

« Mandela ? Terrible ! »

Tout au long de son parcours politique qui l’amené à sillonner la planète, Roch Wamytan a eu l’occasion de rencontrer nombre des grands de ce monde.

 

Outre les Présidents qui se sont succédé à l’Elysée – de Valéry Giscard D’Estaing à François Mitterrand, en passant par Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy – le Grand chef de Saint-Louis a eu ainsi l’opportunité de côtoyer de grosses pointures telles que l’Américain George W Bush, le Palestinien Yasser Arafat ou encore le Lybien Kadhafi. Bref, de quoi emmagasiner une foule de souvenirs inoubliables. De quoi aussi avoir ressenti quelques fortes doses d’adrénaline !

Mais il ne fait aucun doute que la rencontre récente avec Benoît XVI aura plus encore marqué le premier président indépendantiste du Congrès. Et il ne s’en cache d’ailleurs pas : « ce fut assurément le plus grand moment d’émotion et d’honneur que j’ai pu ressentir dans ma vie !... ».

 

Reste toutefois qu’en croisant le regard d’une véritable légende vivante, il y a quelques années à New-York, Roch Wamytan a eu aussi le souffle coupé : « c’est terrible de se retrouver juste en face de Nelson Mandela, le premier Président noir de l’Afrique du Sud…. ». Vrai, effectivement, que le vieux leader charismatique de l’ANC dégage, à sa façon, une impression relevant plus du spirituel que du politique. Un peu à l’instar d’un certain Dalaï Lama… que le Calédonien ne désespère pas de voir : « voilà encore un personnage hors du commun qui doit impressionner quiconque croise son chemin… ».

Pourquoi pas, un jour ou l’autre, une poignée de main historique entre le Tibétain et le Kanak ?

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Published by Roch WAMYTAN - dans RELATIONS INTERNATIONALES
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