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Profil

  • Roch WAMYTAN
  • Homme politique, membre de l'Union Calédonienne et du FLNKS, Signataire de l'accord de Nouméa en 1998, Président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès de la Nouvelle-Calédonie
  • Homme politique, membre de l'Union Calédonienne et du FLNKS, Signataire de l'accord de Nouméa en 1998, Président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès de la Nouvelle-Calédonie

Vidéos

Citoyenneté calédonienne socle du destin commun
Présentation d'une loi de pays proposant le drapeau du FLNKS comme drapeau du Pays                   
   
Bilan des déplacements dans la région du président du Congrès (coopération interparlementaire)         
       
8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 09:17

Roch WAMYTAN, président du groupe UC FLNKS et Nationalistes

Madame la Ministre des Outremer,

Messieurs les représentants du président de la République,

Mesdames et messieurs,

Monsieur le Premier ministre,

       Je voudrais tout d’abord vous remercier pour la teneur de votre discours d’ouverture de ce Comité des signataires qui revêt, pour notre groupe, une importance particulière car c’est l’occasion de lever toutes les hypothèques qui risquent d’entraver le bon déroulement de la consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté, aboutissement du processus de décolonisation de l’Accord de Nouméa de 1998, débuté avec la déclaration de Nainville-les-Roches en 1983 et les Accords de Matignon-Oudinot en 1988.

            Ce Comité des signataires est également le dernier avant les élections présidentielles et législatives françaises de 2017, il est aussi l’occasion de relever quelques remarques significatives sur l’action politique des gouvernements socialistes dans notre pays. Depuis l’élection du président François Mitterrand en  mai 1981, à mai 2017, les aléas de la vie institutionnelle française auront conduit le parti socialiste et ses alliés à gérer les affaires calédoniennes une vingtaine d’années sur les 36 ans qui vont nous séparer de la promesse faite par le candidat François Mitterrand à nos ainés de l’époque, celle de voir un jour notre pays accéder à l’indépendance.

         C’est avec cette double préoccupation en tête, la promesse de 1981 et les accords avec les dispositifs d’accompagnement mis en place que nous souhaitons vous faire connaître nos positions sur les points de l’ordre du jour. Promesse et accords, deux expressions d’une parole de vie partagée. Vous nous connaissez bien désormais Mr le premier ministre pour savoir l’importance que notre vieille civilisation mélanésienne millénaire attache à la Parole. Vous savez aussi qu’un manquement à la parole donnée peut être source de conflit par la rupture des liens de confiance pouvant conduire à la destruction, car telle est la destinée de la Parole partagé, elle est source de vie mais elle peut aussi causer la mort en cas de défaillance volontaire et calculée de l’une des parties. L’histoire de nos relations de ces trois dernières décennies reste émaillée de ces ruptures à répétition. Mais à chaque fois, nous, hommes de consensus issus de cette terre océanienne, avons toujours choisi de rebondir pour préférer la vie à la mort.

Mr le premier ministre

Sur l’avenir institutionnel

Concernant l’avenir institutionnel, nous avons pris connaissance du Rapport de la mission d’étude et de conseil sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Nous considérons simplement ce rapport comme une contribution supplémentaire au débat sur l’évolution institutionnelle de notre Pays, élaboré à partir d’une méthode proposée par l’Etat. Néanmoins, il nous paraît primordial qu’il soit complété par le travail d’experts internationaux, spécialistes des questions relatives aux compétences régaliennes. Cette demande a déjà été effectuée par notre groupe à de multiples occasions, notamment durant les comités de pilotage et nous souhaitons que l’Etat prenne des mesures concrètes pour y répondre. Nous avons d’ores et déjà transmis des noms d’experts acceptant la tâche de soumettre leurs analyses.

Par ailleurs, l’Union Calédonienne a souhaité apporter sa contribution en élaborant un document résumant sa vision de la future Nation. A l’occasion de ce Comité des signataires, la délégation de l’Union Calédonienne a ainsi communiqué son document « Après 2018, notre vision de la Nation » lors de ses rencontres bilatérales. Il n’est pas exclu, que les autres partis politiques représentés au sein du groupe que je préside au congrés de la Nouvelle Calédonie aient aussi la possibilité d’en faire autant dans les prochains mois.

Monsieur le premier ministre,

 

Sur la liste électorale spéciale de consultation

S’agissant de la liste électorale spéciale de consultation, la composition de cette liste est pour nous déterminante car elle est au cœur même de cette Parole de vie partagée que je citais précédemment : l’engagement à nous permettre d’exercer  notre droit à l’autodétermination dans les meilleurs conditions possibles à l’instar de tout peuple ayant été colonisé à un moment de son histoire. Notre participation à la consultation référendaire de 2018 sera examinée à l’aune du respect  de cette parole donnée. Et ce d’autant plus que nous avons su, avec générosité, partager notre droit  à l’autodétermination avec ceux qui ont fait de la Nouvelle Calédonie, leur pays au même titre que nous.

L’Accord de Nouméa étant avant toute chose un processus de décolonisation, nous considérons que l’ensemble des Kanak, seul peuple colonisé, doit pouvoir participer à une consultation issue d’une demande historique de sa part, et expression, par le vote, de son droit à l’autodétermination et à l’indépendance, résultat logique de la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France dans un monde ayant évolué depuis vers le droit à la liberté et à la libre disposition des peuples.

Par conséquent, nous demandons que tous les Kanak soient automatiquement inscrits sur la liste électorale spéciale de consultation, une demande qui trouve toute sa justification dans le point 2 de la Résolution 1514 de l'Assemblée générale des Nations Unies du 14 décembre 1960, « Tous les peuples ont le droit de libre détermination ; en vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et poursuivent librement leur développement économique, social et culturel ».

Monsieur le premier ministre

Sur le nickel

         Concernant le rapport de Mr Michel Colin et afin d’avancer plus sûrement dans la définition d’une stratégie industrielle, l’Union Calédonienne souhaite que la méthode soit redéfinie avec la constitution d’un groupe de travail composé de représentants des groupes politiques du congrès, disposant de la possibilité de valider des objectifs intermédiaires et opérationnels : développement d’une diplomatie dans le secteur nickel, restructuration et renforcement des outils de gestion du Pays dans le secteur (Dimenc…).

Sur la situation de l’usine du Nord

Par ailleurs, il est indéniable que ce Comité des signataires puisse exprimer une position sur la situation de l’usine du Nord. Après des décennies de promesses non tenues, la forte mobilisation des indépendantistes a permis d’enclencher, enfin, une vraie démarche de rééquilibrage en permettant la construction de l’usine de KNS. Aujourd’hui, du fait d’un contexte économique et financier exceptionnellement difficile, cette réalisation est en danger malgré une intervention financière importante de la province Nord. L’annonce du licenciement d’employés locaux en est la conséquence récente, à nos yeux, il s’agit là d’une conséquence absolument inacceptable.

Ce grand chantier a suscité d’immenses espoirs qui ne peuvent être déçus car la bonne évolution du Pays est en jeu. Il est de la responsabilité de l’ensemble des actionnaires de KNS, de la classe politique calédonienne et de l’Etat de réunir toutes les conditions pour aider l’opérateur à passer ce cap difficile. A cet effet, l’Union Calédonienne demande que l’Etat intervienne pour aider la province Nord à faire face aux difficultés de sa SEM et pour lui permettre de retrouver un nouveau souffle lorsque le contexte économique international se rétablira.

Monsieur le premier ministre,

Sur les contrats de développement

Sur la question des contrats de développement, et conformément à l’article 211 de la Loi organique, la prochaine génération de ces contrats de développement 2017-2021 a été élaborée à partir d’un dialogue entre l’Etat et les collectivités calédoniennes. Mais ce qui diffère de la génération précédente, c’est l’adoption récente par le congrès du schéma d’aménagement et de développement de la Nouvelle-Calédonie NC2025 et il importe désormais que, selon les dispositions de l’article 211, les prochains contrats de développement soient pleinement compatibles avec ledit schéma et que nous puissions définir dans ce cadre, ensemble, les secteurs à privilégier.

Il importe aussi que la nouvelle génération de ces contrats, dispositif prévu pour accélérer le développement et le rééquilibrage, fasse l’objet, du fait des agendas budgétaires, d’une signature à la mi-novembre et d’inscriptions budgétaires dans la Loi de finances 2017, afin de pouvoir porter leurs effets au plus tôt, du fait que nous sommes dans la dernière phase de l’Accord de Nouméa.

Notre délégation sollicite par ailleurs toute votre attention pour que ce 15ième comité des signataires prenne en considération les demandes que le président du sénat coutumier formulera tout à l’heure pour que le financement des politiques publiques relatif à l’identité kanak soit prise en compte dans cette nouvelle génération des contrats 2017-2021. Ces demandes relevant de la charte des valeurs kanak, du plan Marshall ou des ZODEP (zone de développement prioritaire) pourraient faire l’objet d’un financement dédié ou intégrées dans les propositions des institutions calédoniennes.

 

Les transferts prévus à l’article 27 de la Loi organique

Par ailleurs, nous réaffirmons notre position maintes fois exprimés, qu’ il ne fait aucun doute que les transferts prévus à l’article 27 n’ont rien d’optionnel et que leur mise en œuvre relève de la seule responsabilité de l’Etat.

Monsieur le Premier ministre,

Sur la problématique de progression de la délinquance

Avant de clore mon propos je voudrais, dans la suite logique de la réunion d’avant hier au ministère de l’intérieur, rapidement esquisser la problématique de progression de la délinquance juvénile dans notre pays. Comme je l’ai exprimé de nombreuse fois au congrès, nous souhaitons que le sujet de la sécurité ne fasse pas l’objet d’une exploitation politicienne, au gré des échéances électorales, et soit traité au niveau de ce qu’il est : un problème de société, qui résulte en partie des déséquilibres engendrés par le système colonial.

Il nous paraît essentiel de cerner au préalable les causes profondes de cette problématique afin de définir les moyens les plus adaptés au contexte local pour solutionner durablement ce phénomène. Il nous semble en effet évident que se précipiter sur des mesures répressives ne résoudra rien sur le long terme. Bien au contraire cela risque de nous entrainer dans une spirale infernale risquant d’aboutir à de nouveaux drames humains tels que celui que  le pays vient de connaitre le 29 octobre dernier avec la mort du jeune William DECOIRE, les six gendarmes blessés, les milliers de personnes empêchées de rejoindre leurs domiciles, sans compter  les millions de dégâts causés aux collectivités ou aux biens privés. La construction du destin commun doit être préservée, en toute priorité, elle ne peut pas se fracasser et  éclater en mille morceaux contre une problématique dont on n’aura mal évalué ensemble la façon la plus intelligente et la plus sage de la traiter.

Aussi, nous réitérons notre demande d’un débat sur le sujet au congrès de la Nouvelle-Calédonie et faisons la proposition d’un groupe de travail pluridisciplinaire auquel participeraient des coutumiers et des experts, ou universitaires, spécialistes des questions culturelles, sociales et éducatives.

Pour finir, nous demandons que la réunion technique qui se tient traditionnellement le lendemain du comité soit reportée pour se tenir à Nouméa avant la fin de cette année. En effet, vous n’êtes pas sans savoir que les congrès de nos mouvements se déroulent toujours à la mi-novembre, des moments importants qui exigent que la plupart de nos représentants reprennent l’avion juste après la clôture du comité.

Monsieur le Premier ministre,

En guise de conclusion de mes propos, je dirai que l’année 2017 sera pour nous indépendantistes, l’année d’une vigilance extrême, du fait des deux grandes élections nationales que sont les présidentielles et les législatives. Car on peut légitimement se poser la question du dossier de l’avenir de la Nouvelle Calédonie dans la campagne des divers partis politiques français plus divisés que jamais aussi bien à droite qu’à gauche avec en toile de fond, la montée croissante du front national surfant sur ces divisions. Le dossier Calédonien ne risque-t-il pas d’être instrumentalisé par les partis en course  comme dans les années 1980 et notamment en 1988 à Ouvéa ?

2018, année de tous les dangers lorsque nous observons les incertitudes qui pèsent sur l’organisation de la consultation référendaire et son déroulement. Ou encore lorsque nous observons les options qui nous sont présentées pour nous mener vers un 3ième accord ou une fausse indépendance de type françafrique.

         L’histoire nous pousse à une constante vigilance dans les stratégies politiques mises en œuvre. L’histoire des décolonisations, de même que notre histoire commune avec la France depuis 163 ans nous ont appris que nous aurons à chaque fois à nous battre et parfois à négocier avec une puissance coloniale, en même temps puissance mondiale dont l’intérêt supérieur de la nation tentera toujours d’avoir le dernier mot sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes par l’application du principe d’une ligne rouge de l’indépendance à ne pas franchir. Mais les stratégies qui en découlent impactent violemment la cohésion du peuple kanak participant ainsi à sa lente implosion dont la dérive d’une partie de sa jeunesse est le signe visible d’un mal être profond.

Au nom de ma délégation, je vous remercie Monsieur le Premier ministre pour votre implication constante dans le dossier calédonien depuis votre prise de fonction et comme il s’agit de notre dernière rencontre dans ce format comité des signataires, je vous souhaite bonne chance pour les élections nationales de 2017.

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 19:08
Question of the integration of New Caledonia as a full member of the Pacific Islands Forum

Roch WAMYTAN

UC-FLNKS and NATIONALISTS Group

FLNKS Signatory of the Noumea Accord

President of the Group Congress of New Caledonia

rockwamytan@hotmail.com

roch.wamytan@congres.nc

To H.E. Dame Meg TAYLOR Secretary General to the Pacific Islands Forum

Noumea, 5th September 2016

Subject: Question of the integration of New Caledonia as a full member of the Pacific Islands Forum

Excellency, During the 47th Summit of the Pacific Islands Forum (PIF) which will be held from September 7 to 11, 2016, in Pohnpei, Federates States of Micronesia, the candidacy of New Caledonia to the status of full member will be again examined.

In this way, considering the current political situation in Kanaky/New Caledonia, particularly in the prospect of electoral consultation on the achievement of full sovereignty of the country which is planned from 2018, I am writing to send you the position of my political group at the Congress of New Caledonia, shared also by the FLNKS1 .

This letter is in the continuity of the letter I sent you already last year. First, let me remind the role of the PIF in the international support of the Kanak people's struggle, in particularly within the framework of the reinscription, in 1986, of 1 Until now, during all the FLNKS Congresses, no motion was passed in the direction of an agreement for the change of status of New Caledonia in the PIF. New Caledonia on the United Nations list of Non Self Governing Territories.

This support was able to be developed, among others, under the aegis of our countries brothers of the Melanesia. Indeed, since 1986, the FLNKS benefits a special guest status as an observer member of the PIF. In 1998, after the signing of the Nouméa Accord which involved the country in a process of emancipation and decolonization, the Kanak independentists have accepted to integrate the government of New Caledonia at the time and place of the FLNKS as observer member within the PIF. This open-mindedness gesture was made during the PIF's summit in Palau in 1999. Besides, in 2006, New Caledonia became associate member of the PIF.

In September 2013, following a mission of the ministerial committee in New Caledonia, the executives of the organization recognized the legitimacy of the New Caledonian candidacy for the status of full member within PIF. Unfortunately, since 2006, we notice a sidelining of the independentist executives concerning all the decisions, as political as diplomatic, relative to the PIF, taken by the government of New Caledonia. Moreover I had informed Mr Henri PUNA of this problem, in 2013, during the mission of the ministerial committee. As signatory of the Noumea Accord, I have called out on several occasions the partners of this accord on the respect for its sincere and whole implementation.

The Melanesian Spearhead Group, the PIF and the United Nations Special Committee on Decolonization were also notified on the problems that our country crosses, in particular on the question of the establishment and the revision of the special electoral rolls for the provincial elections and for the consultation on the country's achievement of full sovereignty.

As you know, Oceania is today considered as the new center of the world growth, provided with a considerable potential which can raise the challenges of the 21th century (energy, raw materials, halieutic resources, etc.). So, it is clear that France, in the name of its greatness, of its place in the world, of its best interests, of its rank of the second naval strength in the world behind the USA, wishes to ensure to keep the sovereign powers in New Caledonia. Recently, a symposium organized by the French Senate in January 2013, in Paris, confirmed again the interest of France for its French territories of the Pacific.

The speakers of this symposium thus recommended to defend in this continent the best interests of France in connection with the public and private French companies. France also defends its own interests by using the French territories as a bridgehead or support base.

Concerning French overseas territories, the President François Hollande during his tour of the « last French colonies » had a constant in his speeches: « France is present all around the world, a country where the sun never goes down, France is a country of Oceania, Indian Ocean, America, the Atlantic Ocean, Caribbean ».

These declarations express the politic of red line of the forbidden independence which France implements. Sometimes, under the cover of democracy, we can reveal maneuvers of a State trying to assure its domination while putting up a good show in front of the international community. The independentist executives that we are have what to be worried in view of this situation in French overseas territories and taking in consideration the declarations of certain high-level French politicians following the example of President François Hollande during his last journey in New Caledonia in November 2014 asserting in his speech in the Tjibaou Cultural center that the best interests of France are also situated in the Pacific.

Yet, New Caledonia is an oceanian country and France is an european country. The FLNKS gave time to build and reach its independence. Important results were obtained, but serious drifts, further to a deliberated will of confinement from the State, led New Caledonia towards a trapdoor into which France locks it more and more in the name of the best interests of the Nation. For us, it is so out of the question for the moment, and as long as New Caledonia is not independent, that she could obtain the status of full member within the PIF.

In the same line, it is inconceivable for us, as regard to the Melanesian Spearhead Group, that the FLNKS could give its place to the government of New Caledonia. Because it would definitely let France enter in these regional organizations, following the principle of the « Trojan horse », organizations which were of all fights for the Kanak people's independence. Our country which is going to commemorate, on September 24th, 2016, 163 years of taking possession by France, does not have vocation to play eternally the role of casting a favourable light on its administrative power which the only purpose is to claim, in the eyes of the nations of this region, its status of « oceanian » country, to benefit from this position.

The geographical and political reality reminds that France, situated in 20 000 km of the Pacific is an european, and not an oceanian State. To permanently tweak the shot on this basic reality amounts to maintain the colonialist and imperialist system, and paves the way for future situations of conflicts. More than ever New Caledonia, Melanesia and the Pacific, need stability, cohesion and peace. Gain independence peacefully and through negotiation was a difficult choice that we made. The support of regional institutions (PIF, MSG) and Independent States of the region is crucial for our people and our country. Indeed, the balance of power between the Administering power, France, and the colonized people, the Kanak people, is not in our favor.

If we are engaged for 30 years in a decolonization process with the signing of the political agreements (Matignon and Noumea) with our colonial power, we believe that it does not want the independence of our country. We are today in the last mandate of the Noumea Accord, and the political development of these last months does not allow us to envisage the granting, to New Caledonia, of a status of full member within the PIF.

In this way, allow non-independent and non-autonomous countries to become full member of the PIF is equivalent to bring our colonial power as a full member. Because the sovereign powers and full sovereignty is always that of the colonial power. Support for regional institutions and independent countries in the region is indispensable in our fight for independence. Considering elements developed above, I am writing to ask for your understanding, kindness, and support of your high authority to postpone the examination of the candidacy of New Caledonia to the status of full member of the Pacific Islands Forum.

Finally, I inform you that brother countries of our Pacific region, the Melanesian Spearhead Group, and the President of the United Nations Special Committee of Decolonization, were also seized on this matter.

Please accept, Excellency, the assurances of my highest consideration.

President of the UC-FLNKS and Nationalists Group Former president of the Congress of New Caledonia (2011-2012/2013-2014) Former president of the Melanesian Spearhead Group (2001-2003) Former president of the FLNKS (1995-2001) Roch WAMYTAN

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 20:06
 La colonisation en Nouvelle-Calédonie: un dossier politiquement clos?

PACIFIC REGIONAL SEMINAR OF THE SPECIAL COMMITTEE OF 24

“Implementation of the Third International Decade for the Eradication of Colonialism: commitments and actions for decolonization in the Non-Self-Governing Territories”

Managua, Nicaragua 31 May to 2 June 2016

M. Roch Wamytan
President of the UC-FLNKS and Nationalists Group
at the Congress of New Caledonia

Monsieur le Président du Comité spécial de décolonisation,

Mesdames et Messieurs les membres du Comité spécial de décolonisation,
Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi tout d’abord de remercier chaleureusement le président du Nicaragua, Daniel Ortega, son gouvernement, et le peuple du Nicaragua, pour l’accueil chaleureux qui nous est fait une nouvelle fois, à l’occasion de ce séminaire régional.

Je voudrais de même remercier les membres du comité spécial des 24 ainsi que son président Mr Rafael Darío Ramírez Carreño pour cette invitation, à participer aux travaux de ce séminaire, en ma qualité d’ancien président du FLNKS, signataire de l’accord de Nouméa de 1998 et président du groupe politique indépendantiste, le groupe UC-FLNKS et Nationalistes, au congrès de la Nouvelle Calédonie.

Comme nous l’avons souvent rappelé devant les instances de l’ONU, depuis la prise de possession de la Nouvelle Calédonie en 1853, le peuple kanak n’a cessé de subir une colonisation de peuplement par la France. Celle-ci se poursuit encore de nos jours, malgré le processus de décolonisation en cours depuis les Accords de Matignon (1988) et de Nouméa (1998), malgré l’engagement de l’Etat, en 1988, à réduire les flux migratoires de ses nationaux français, malgré enfin les dispositions de la charte de 1960 et des diverses résolutions prorogeant les décennies pour l’éradication du colonialisme.

Cette colonisation de peuplement a rendu le peuple kanak peu à peu minoritaire dans sur sa propre terre. Or, notre pays est aujourd’hui à un point crucial de son histoire puisque nous arrivons au terme de l’Accord de Nouméa et qu’à partir de 2018, la population concernée sera appelée à s’autodéterminer lors d’une consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté.

En ce sens, une question fondamentale se pose pour la Nouvelle-Calédonie, qui va fêter cette année ses 30 ans de réinscription sur la liste des territoires non autonomes des Nations Unies, c’est-à-dire depuis 1986. Cette question est la suivante : la colonisation de la Nouvelle-Calédonie par la France est-elle un dossier politiquement clos ?

Nous, peuple kanak, peuple colonisé de Nouvelle-Calédonie, affirmons avec force que la colonisation de la Nouvelle-Calédonie par la France n’est pas un dossier politiquement clos.
Nous souhaitons aujourd’hui à travers cette intervention poser également cette question au Comité de décolonisation des Nations Unies : pensez-vous que la colonisation de la Nouvelle-Calédonie par la France est un dossier politiquement clos ?

Pourtant, c’est ce que tente de faire croire notre puissance administrante, la France, aux populations locales, comme devant les instances internationales concernées. Elle se donne le droit de décider unilatéralement de ce qui est politiquement clos ou non dans le processus de décolonisation en cours dans notre pays.

En effet lors du dernier Comité des signataires de l’accord de Nouméa qui s’est tenu à Paris en février 2016, les représentants de l’Etat français en position majoritaire avec leurs alliés calédoniens non-indépendantistes, ont déclaré et imposé à la minorité indépendantiste la fait que le contentieux concernant le corps électoral provincial, était « politiquement clos », faisant croire toutefois que cette entente était celle des trois partenaires de l’Accord de Nouméa : puissance administrante, partis indépendantistes et partis non indépendantistes. Dans les faits cette décision a été prise à la majorité et non suivant le principe du consensus pratiqué habituellement. Ainsi le colonisateur décide de ce qui est "politiquement clos" et se sert des groupes politiques issus de sa colonie de peuplement pour imposer sa volonté politique contre celle des indépendantistes kanak. Cette situation étant la conséquence de la politique de peuplement de nationaux français en Nouvelle Calédonie, une politique dument réfléchie et organisée. Ayant pris de l’ampleur à partir de la visite du général De Gaulle en 1956, cette politique qui s’est accélérée dans les années 70 et à la suite des accords de Matignon (1988) et Nouméa (1998) avait qu’un seul objectif, noyer définitivement sous le nombre, la revendication nationaliste kanak.

Fort de ces décisions, la puissance administrante poursuit dès lors les déclarations dans ce sens, comme l’a fait le premier ministre Manuel Valls dans son discours au Congrès de la Nouvelle-Calédonie le 29 avril dernier, décrétant ainsi que les décisions des commissions administratives spéciales sur l’établissement et la révision des listes électorales pour les élections provinciales et les élections référendaires de 2018, se feront sur la base des soi-disant accords politiques des Comités des signataires, et non plus sur la base de la loi.
De plus, alors que 2016 est la première année de préparation de la liste électorale spéciale pour la consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté, nous découvrons que 25 000 Kanak ne pourront pas être inscrits sur cette liste sous prétexte qu’ils ne sont pas préalablement inscrits sur la liste générale de Nouvelle-Calédonie. 25 000 Kanak ne pourront donc pas exercer leur droit à l’autodétermination, revendiqué depuis plus de 40 ans en tant que seul peuple autochtone et colonisé de Nouvelle-Calédonie. Mais alors qui est concerné par l’autodétermination de notre pays, c’est la question que l’on peut se poser ?

Il convient ainsi de considérer dans quelle mesure la puissance administrante respecte ses engagements nationaux et internationaux en ce qui concerne le processus de décolonisation de la Nouvelle Calédonie. Prépare-t-elle ce Territoire non autonome à sa décolonisation et à un acte d’autodétermination pleinement libre, transparent et donc acceptable ou met-elle en place toutes les conditions pour que ce Territoire non autonome demeure au sein de son ensemble ultramarin au nom des intérêts supérieurs de la nation et de sa place dans le monde ? Joue-t-elle franc jeu dans la mise en œuvre du processus de décolonisation et d’émancipation ou pose-t-elle des obstacles permanents freinant ce processus ?

Nous ne sommes pas dupes des manœuvres récurrentes de notre colonisateur et malheureusement pour nous, peuple kanak, la colonisation de la Nouvelle-Calédonie par la France est loin d’être politiquement close. L’indépendance de notre pays devant se gagner par le vote, la définition du corps électoral est depuis bien longtemps un enjeu central, c’est question constitue la « mère des batailles ». L’histoire coloniale montre que la puissance administrante a toujours usé et abusé de manœuvres en la matière : double collège, colonie de peuplement, vrais faux référendum coloniaux, trucage des listes, etc. L’objectif est de s’assurer que le peuple kanak et les indépendantistes soient minoritaires et ainsi faire barrage à l’indépendance selon sa politique de ligne rouge de l’indépendance interdite. Ainsi le mouvement indépendantiste doit -il à chaque fois se battre contre cette politique tendant à favoriser l’implantation de populations extérieures afin de noyer le peuple kanak démographiquement et d’empêcher l’indépendance du pays. La « démocratie » par l’immigration incontrôlée et les fraudes électorales devient une arme mortelle contre le peuple colonisé. La lecture du rapport des observateurs de l’ONU à l’œuvre en Nouvelle Calédonie de mars à juillet 2015 apportera un éclairage à ce niveau.

Depuis des décennies, le mouvement indépendantiste kanak fait face à ces types de stratégies orchestrés pour contrer l’indépendance. Récemment encore le mouvement indépendantiste a subi des tentatives de division qui ne sont encore que des manœuvres supplémentaires parmi toutes celles déjà subies en plus des assassinats de leurs leaders, la plus part d’entre eux restant d’ailleurs sans enquête fiable sur les circonstances de ces drames.
Nous sommes parfaitement conscients que ces stratégies existent et nous savons identifier les commanditaires derrière les petites mains à la manœuvre ou au-delà des propos lénifiant de certains responsables affirmant que l’Etat est un arbitre impartial et équidistant et qu’in fine ce seront les calédoniens qui décideront de leur destin par référendum.

Ainsi la puissance administrante se donne en Nouvelle-Calédonie le rôle d’arbitre et de « facilitateur », selon ses propres mots, notamment dans le dossier de préparation de l’avenir institutionnel du pays, et comme si elle n’était pas responsable du fait colonial de notre pays. Toujours fidèle à sa devise : garder la Nouvelle Calédonie française, la France colonisatrice prépare encore une fois un nouvel accord qui lui permettra de préserver ses intérêts en Nouvelle-Calédonie. Un dispositif de type « France Afrique » est bien le modèle qui nous est préparé. Le risque encouru serait que la consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté porte sur un nouvel accord au lieu de porter sur l’autodétermination et sur l’indépendance du peuple kanak et des citoyens de la Nouvelle-Calédonie.

Face à une politique d’intégration et d’assimilation de la puissance administrante, aux effets néfastes et parfois dévastateurs, prenant parfois l’allure d’un « génocide culturel » pour le peuple kanak, permettez-moi de réitérer les demandes déjà formulées l’an passé ici même. Que l’ONU puisse pérenniser ses visites en Nouvelle Calédonie dans la perspective de l’acte d’autodétermination prévu en fin 2018,et qu’ au cours de cette période un séminaire de décolonisation soit organisé à Nouméa. Par ailleurs nous sollicitons une implication soutenue du Comité de décolonisation afin d’aider la Nouvelle Calédonie dans les procédures d’établissement et la révision des listes électorales spéciales dans le cadre de la préparation de la consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté. Nous souhaitons enfin pouvoir bénéficier d’experts de haut niveau dans le cadre de la réflexion sur les transferts des compétences régaliennes. Tout ceci nous semble capital dans le processus de décolonisation en cours. Bien évidemment un dialogue permanent et constructif avec la puissance administrante reste un passage obligé.

Nous souhaitons également profiter de l’occasion de cette prise de parole pour remercier sincèrement et chaleureusement l’équipe d’experts, et son président Flavien Misoni, mandatés par l’Assemblée générale des Nations Unies pour observer le travail des commissions administratives spéciales d’établissement et de révision des listes électorales et de la commission consultative d’experts. Leur rôle est ô combien important pour notre peuple et notre pays.

Je vous remercie

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 09:46
34ème congrès du FLNKS le 05 et 06 mars 2016

"Sérénité et confiance pour gagner 2018", du 05 au 06 mars le FLNKS se réuni en congrès à KOWE KARA - Nouméa.

La vidéo d'ouverture du 34ème congrès sur ce lien : FLNKS

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 08:20
14e Comité des signataires : réactions et explications

« Sur les quatre points à l’ordre du jour, trois n’ont pas posé de problèmes particuliers. Par contre sur le litige électoral, nous ne sommes pas tout à fait satisfaits. L’évaluation quantitative du litige électoral faite l’année dernière pour les élections provinciales portait sur 3974 personnes que nous avons estimées par l’intermédiaire de la commission politique et citoyenneté. Ces personnes étaient donc, pour nous, indûment inscrites sur les listes électorales.


L’expert Mélin-Supramanien vient de nous confirmer les résultats que nous connaissions déjà : environ 1062 personnes sont arrivées après 1998 dont 180 personnes à peu près dont on ne trouve aucune trace nulle part dans les fichiers. Or, on les retrouve sur la liste électorale spéciale pour les provinciales. Cela nous donne raison. Nous avons convenu d’une levée de l’anonymat et d’une radiation par les commissions électorales si ces personnes n’apportent pas la preuve de leur arrivée avant 1998.


Là où nous ne sommes pas tout à fait satisfaits, c’est sur les 2300 personnes arrivées entre 1988 et 1998. D’abord parce qu’elle ne sont pas inscrites sur la liste générale alors que la loi les y oblige. Le problème c’est que certaines personnes que nous avons pu identifier sont arrivées, sont restées deux ou trois ans puis sont reparties. Et elles restent inscrites sur les listes électorales. A partir de ce moment là, même si certaines sont revenues depuis, elles n’ont plus le droit d’être inscrites à moins de produire un justificatif de leur départ. C’est pour cela que le débat a duré 7 heures. Le débat est clos politiquement sur cette question qui a bénéficié d’une décision majoritaire à laquelle notre groupe politique n’a pas partagé, mais nous nous y plions ».


Propos recueillis à Paris par Myriam Grandcler
@DNC

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 15:53
Déclaration de M. Roch Wamytan Président  du Groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès de la Nouvelle-Calédonie  Signataire FLNKS de l’Accord de Nouméa

Session de la Quatrième Commission
de l’Assemblée générale
des Nations Unies
Octobre 2015

Organisation des Nations Unies (New York), 4ième commission,

Vendredi 9 octobre 2015 15h

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les membres de la Quatrième Commission,

Permettez-moi tout d’abord de vous féliciter Mr le président (Brian Bowler (Malawi)) pour votre élection à la présidence de cette 4ième commission. Merci encore une fois de donner la parole aux représentants des territoires non autonomes
Après 162 ans de colonisation française, la Nouvelle Calédonie arrive à un moment crucial de son histoire avec la préparation du référendum d’autodétermination qui permettra à la population concernée de se prononcer sur son devenir à l’horizon 2018. Cette période délicate s’ouvre avec la commémoration des 70 ans de l’Organisations des Nations Unies qui a conduit des millions de personnes soumises au joug colonial de pouvoir par l’acte d’autodétermination être maitre de leur destin. Il y a aussi 70 ans de cela, la France retirait la Nouvelle Calédonie de la liste des pays à décoloniser de l’ONU, au nom de ses intérêts supérieurs sans aucune concertation avec le peuple kanak qu’elle colonisait depuis 1853. Encore aujourdhui, c’est toujours au nom de ses intérêts supérieurs et de sa place dans le monde que la France maintient sa stratégie d’action que nous estimons être : ligne rouge de l’indépendance interdite, c’est notre analyse ! Même si nous sommes dans une démarche de dialogue et de concertation permanente avec la puissance administrante depuis les accords de Matignon et Nouméa en 1998, c’est cette politique des gouvernements français successifs, contraire au processus d’émancipation et de décolonisation que nous dénonçons devant votre assemblée, année après année depuis la réinscription de la Nouvelle Calédonie sur la liste des pays à décoloniser en 1986. Une politique qui se décline en de multiples facettes dont notamment l’afflux de migrants nationaux français qui continue de rendre minoritaire le peuple kanak dans son propre pays, les résultats du dernier recensement le confirment. Ou encore les insuffisances du rééquilibrage qui continuent de marginaliser une bonne partie de la population kanak dont la jeunesse, de même que les politique menées dans le cadre des transferts des pouvoirs régaliens tentant de mettre en place en Nouvelle Calédonie un système proche de la Françafrique. Il en est ainsi des relations régionales et internationales où la puissance administrante se sert parfois de notre pays comme cheval de Troie pour renforcer son influence dans le Pacifique à l’instar des tentatives d’obtenir du Forum des Iles du Pacifique, organisation réservée aux pays indépendants, un statut de membre à part entière pour la Nouvelle Calédonie. Il en va de même du dossier épineux des listes électorales spéciales, de celui de l’exploitation du nickel, et enfin des décisions de politique carcérale. Ces décisions conduisent la puissance administrante, depuis septembre de cette année 2015, à déporter, comme au temps du bagne au 18ième siècle, les jeunes kanaks condamnés à des actes d’incivilités, à 20.000km de chez eux, vers des quartiers de haute sécurité des prisons en France, ceux réservés à priori aux criminels notoires. En filigrane, se retrouve la même constante que nous estimons être la suivante : toute forme de revendication nationaliste ne doit pas mettre en péril les intérêts supérieurs de la France et sa place dans le monde, notamment celle de deuxième puissance maritime mondiale grâce aux territoires sous souveraineté française dans le Pacifique.

Sur la question problématique de l’établissement et de la révision des listes électorales spéciales pour les élections provinciales et pour la consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté en 2018, cette ligne politique française, se dessine en filigrane de l’évolution du dossier. En effet, alors que tous les groupes politiques du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, y compris les groupes politiques non-indépendantistes, ont donné publiquement et officiellement leur accord sur le principe de l’implication d’observateurs de l’ONU dans le processus électoral, l’Etat tergiverse, fait trainer les choses, avance des arguments administratifs ou l’hypothétique contradiction d’une implication de l’ONU avec les principes républicains, et nous n’avons jusqu’à présent aucun écho d’une éventuelle initiative à ce propos de la France vers l’ONU. Alors que, dans les différents rapports officiels de l’organisation, il est souvent rappelé la qualité du dialogue et de la concertation entre la mission française et le comité de décolonisation.

Devant ce constat , nous renouvelons nos demandes d’une implication volontariste et engagée des Nations Unies dans le processus de décolonisation de Nouvelle-Calédonie afin que le peuple kanak, peuple autochtone et colonisé, comme l’ensemble des citoyens calédoniens, puissent bénéficier d’un véritable acte d’autodétermination, libre, transparent, et en accord avec les principes des Nations Unies.

Je vous remercie.

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 09:56
Comité spéciale de la décolonisation (Comité des 24) 70ième session de l’Assemblée générale des Nations Unies  New York

Déclaration de M. Roch Wamytan

Président du Groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès de la Nouvelle-Calédonie
Signataire FLNKS de l’Accord de Nouméa

« Question de la Nouvelle Calédonie »


Monsieur Xavier Lasso Mendoza, Président du comité spécial de décolonisation
Mesdames et Messieurs les membres du Comité spécial
Mesdames et Messieurs
Monsieur le Président


Je voudrais tout d’abord vous remercier ainsi que les membres de votre bureau de me faire l’honneur encore une fois de m’adresser en tant que pétitionnaire devant votre comité spécial qui depuis 70 ans aide inlassablement les peuples colonisés à se libérer des chaines du système colonial, un système passéiste, anachronique, qualifié même de « crime » par les Nations Unies et qui n’a plus sa place en ce début du 21ième siècle. Et pourtant ce système est toujours présent même si l’on considère qu’il a muté et pris de nouvelles formes plus insidieuses sous le vernis démocratique comme certains l’on rappelé lors du séminaire de Manauga en mai dernier. Notre ami Serge CHERNIASKY notait dans son intervention, qu’ avec la situation internationale qui s’est détériorée entrainant le chaos dans les relations internationales, ajouter à cela la montée du terrorisme depuis le 11 septembre 2001, la mentalité coloniale des anciennes puissances a ressurgie sous des formes plus ou moins rampantes, pour continuer à conforter leur domination coloniale. Et cela complique le travail du C24 et impacte les territoires non autonomes dans leur lutte d’émancipation. La Nouvelle Calédonie n’échappe pas à cette nouvelle donne.


Mon intervention d’aujourd’hui va se situer dans la droite ligne du thème proposé au séminaire de décolonisation de Managua : « la mise en œuvre de la troisième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme: les 70 ans de l’Organisation des Nations Unies: bilan du programme de décolonisation. Veuillez considérer que cette intervention soit une des contributions vous permettant d’analyser et d’évaluer, de façon réaliste et au cas par cas, la situation dans les territoires non autonomes ainsi que les moyens par lesquels le système des Nations Unies et l’ensemble de la communauté internationale pourraient améliorer les programmes d’assistance aux territoires et notamment la Nouvelle Calédonie.
Au cours de ce séminaire j’ai eu l’occasion de ’vous présenter mon analyse de la situation de mon pays sous l’angle du processus de décolonisation et d’émancipation parfois enrayé, obstrué et freiné volontairement par la puissance administrante suivant le sacro-saint principe de la ligne rouge de l’indépendance interdite. Et pour cela tous les moyens sont bons pour conforter sa domination coloniale dont notamment les transmigration de nationaux français, les transferts financiers massifs et l’utilisation de la peur comme arme contre les velléités d’indépendance, ce dernier pont avait d’ailleurs été largement développé à Managua par le docteur Daniel Manfred Malcom en présentant la peur comme l’ennemi implacable des leaders anti colonialistes et des peuples colonisés. Mais je reviendrai sur un seul de ces moyens, le droit de vote, les critères et les listes électorales.


Il s’agit d’un problème fondamental puisque certains parlent de la bataille sur le corps électoral comme la mère des batailles, permettant l’exercice du droit à l’autodétermination des peuples colonisés. Les puissances coloniales ont joué et rejoué sur cette problématique au gré de leurs intérêts. En Nouvelle Calédonie il s’agit d’un problème récurrent depuis que le droit de vote a été accordé au peuple Kanak en 1953. Les différents accords politiques de 1983 (Nainville les roches), 1988 (Matignon-Oudinot) et 1998 (Nouméa) ont buté sur cette question du corps électoral qui a d’ailleurs été une des causes de l’assassinat de Jean Marie Tjibaou et Eloi Machoro. A l’approche du référendum d’autodétermination de 2018, cette question n’a pas manqué de ressurgir avec les mêmes manœuvres servies et resservies depuis 60 ans. D’où les démarches effectuées par le FLNKS auprès du C24 depuis le séminaire régional de 2013 à Quito en Equateur dans l’objectif d’informer le comité sur l’importance de ce problème et la nécessité de le régler. C’est d’ailleurs sur cette problématique que les membres du comité ont effectué la mission de visite en Nouvelle Calédonie dans le courant du mois de mars 2014 en pointant l’inefficacité de la procédure électorale française. Ce dossier divise la Nouvelle Calédonie à l’approche de la sortie de l’accord de Nouméa, en entrainant un climat délétère n’augurant rien de positif pour l’avenir et il nous a semblé encore une fois que la puissance administrante, compétente en droit électoral, se déresponsabilisait suivant le principe de la soi disante équidistante entre les forces politiques locales en renvoyant l’issue des problèmes à l’appareil judiciaire ou à une solution politique consensuelle, à charge aux indépendantistes et non indépendantistes de la trouver entre eux. D’où l’appel lancé par les responsables indépendantistes devant la 4ième commission de l’ONU le 8 octobre 2014, sollicitant une médiation des Nations Unies, solution rejetée par le président de la république française François Hollande lors de sa visite en Nouvelle Calédonie en novembre 2014. Le choix se portait finalement sur une modification de la loi organique de 1999 portant notamment sur la composition des commissions administratives spéciales chargées de l’établissement et de la révision des listes électorales spéciales pour les élections provinciales et pour la consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté, ainsi que sur la consultation elle-même. Ceci dans la droite ligne des conclusions du comité des signataires d’octobre 2014, boycotté par une partie du FLNKS pour cause de tergiversation de la puissance administrante sur ces questions électorales.


Le 26 mars 2015, le congrès de la Nouvelle Calédonie, à majorité non indépendantiste, consulté pour avis sur l’avant-projet de modification de la loi organique proposé par le gouvernement français rejetait le texte après près de 20h de débat. Estimant ne pas être prise en considération par le gouvernement français, les forces non indépendantistes organisaient une manifestation à Nouméa le 24 avril 2015 lors de la visite en Nouvelle Calédonie du président de l’assemblée nationale française, Claude BARTOLONE. Suite à quoi, le gouvernement français se décidait enfin à réunir au plus vite et au plus haut niveau les responsables politiques et les signataires de l’accord de Nouméa afin de tenter de trouver une solution politique aux modifications proposées à la loi organique.


Un comité des signataires extraordinaires dédié spécifiquement à la question électorale fut ainsi proposé et s’est tenu le vendredi 5 juin 2015 à Paris. Après 13h de débat, un relevé de conclusion actait les principaux points de l’accord politique soit : un élargissement des possibilités de dispense de formalités pour l’inscription sur la liste électorale spéciale référendaire en faveur des natifs citoyens de Nouvelle Calédonie, en sus des personnes de statut civil coutumier et celles ayant été admise à participé à la consultation du 8 novembre 1998 approuvant l’accord de Nouméa. L’extension de ce périmètre regrouperait entre 80 et 85% des personnes constituant le corps électoral référendaire. Le solde restant devra justifier que le centre de leurs intérêts matériels et moraux se situe bien en Nouvelle Calédonie. Concernant les listes électorales spéciales pour les élections au congrès et aux assemblées de province et compte tenu des problèmes de fraudes identifiés par le FLNKS il est décidé de faire procéder par des experts de confiance et dans les meilleurs délais, à une évaluation quantitative anonyme du litige électoral. Le règlement du litige devrait intervenir au plus tard à la date du prochain comité des signataires de fin d’année 2015. Enfin concernant l’amélioration du fonctionnement des commissions administratives spéciales chargée d’établir les listes électorales, une personnalité qualifiée indépendante sera désignée comme observateur dans ces commissions composées de cinq membres et présidées par un magistrat français. Il est par ailleurs confirmé la dévolution de pouvoirs propres d’instruction au président de ces commissions. S ;agissant de la commission consultative d’experts chargée notamment d’apporter un éclairage sur les centres d’intérêts matériels et moraux sollicitée par les commissions administratives spéciales, elle sera paritaire entre indépendantiste et non indépendantiste. Enfin la période de révision des listes sera rallongée particulièrement pour la première année d’établissement de la liste électorale référendaire.


Le résultat obtenu est le fruit d’une ultime concession du FLNKS pour sortir de l’impasse dans laquelle la puissance administrante a conduit la Nouvelle Calédonie sur la problématique du corps électoral provincial. Cette concession a notamment porté sur l’automaticité de l’inscription des natifs citoyens qui peut s’avérer être au désavantage des indépendantistes car elle augmente le risque de fraude en étant des inscriptions non contrôlées. Pour leur part, l’Etat français et les non indépendantistes se sont engagés à régler au fond le problème de la liste spéciale provinciale objet du litige avec le FLNKS depuis ces dernières années. A ce jour aucune garantie ne nous est donnée quant à la bonne fin de la mise en œuvre de ces décisions, certaines vont faire l’objet d’un examen et d’un vote du parlement français, d’autres seront traitées par les différents groupes de travail mis en place par le Haut-Commissaire représentant l’Etat Français en Nouvelle Calédonie.
Il est donc plus que jamais important et nécessaire que le comité spécial de décolonisation renforce sa surveillance et son implication sur l’évolution de la situation en Nouvelle Calédonie. Nous disposons à l’heure actuelle d’aucune garantie que l’Etat français et les non indépendantistes vont respecter leur engagement pris à ce comité des signataires extraordinaires. Trop d’engagements non respectés dans un passé lointain et récent, une stratégie de l’Etat agissant et se revendiquant comme un médiateur arbitre équidistant et impartial laissant les indépendantistes face aux non indépendantistes défenseurs de la colonisation de peuplement français, comme si cet Etat avait perdu sa qualité de puissance administrante, tout cela nous fait craindre les pires difficultés à venir si l’ONU n’est pas partie prenante dans le processus en cours. Ainsi la Nouvelle Calédonie doit pouvoir bénéficier dans cette période délicate de mise en œuvre des décisions du 5 juin, de l’expérience des experts et des observateurs de l’ONU au niveau du processus électoral d’établissement des listes de la consultation référendaire, de même que sur le travail d’évaluation quantitative du litige électoral des listes provinciales. Mais aussi au niveau des différents comités de pilotage sur les transferts des compétences régaliennes : relations extérieures, défense, ordre et sécurité, monnaie et crédit, justice etc, destinés à préparer la consultation référendaire.


Afin d’aboutir à cet objectif qui est le nôtre : un acte d’autodétermination honnête, transparent, crédible, incontestable et incontesté il nous est pas possible au vu de notre histoire coloniale de faire confiance au seul Etat français qui à notre sens, n’a jamais su vraiment décoloniser les pays et les peuples coloniaux qu’elle a administrés au cours des siècles passés. Cet acte d’autodétermination à l’horizon 2018 doit se préparer au mieux avant que la population concernée de la Nouvelle Calédonie dont le peuple colonisé puisse enfin exercer en toute sérénité sont droit à l’autodétermination, seule l’ONU est le garant véritable d’un acte libre et juste

Roch WAMYTAN

Président du Groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès de la Nouvelle-Calédonie
Signataire FLNKS de l’Accord de Nouméa

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 09:18
Comité des signataires extraordinaire (Hôtel MATIGNON, Paris le 5 juin 2015)

Monsieur le Premier Ministre

Madame la Ministre de l’outre-mer
Monsieur le Haut-commissaire
Mesdames et Messieurs

Je voudrais tout d’abord vous remercier Mr le premier ministre pour la teneur de votre discours d’ouverture de ce Comité des signataires extraordinaire dédié au projet de modification de la loi organique relative à l’accession du pays à la pleine souveraineté et notamment lorsque vous confirmez la responsabilité de l’Etat français dans l’application de l’accord de Nouméa et la préparation du dispositif qui succèdera à cet accord. Je voudrai aussi vous remercier pour l’hommage adressé au grand chef Nidoish Naisseline, ce grand humaniste qui aura marqué de son empreinte la vie calédonienne de ces quarante dernières années.

Les sujets de discussion concernant le corps électoral de la consultation référendaire ne manquent pas compte tenu de ce type particulier de consultation. En effet la consultation référendaire ou le référendum d’autodétermination vient clore le processus de décolonisation d’un pays. Comme le disait un secrétaire général des nations Unies, elle vient fermer la parenthèse de la colonisation. Dans l’histoire d’un pays, elle est souvent à coup unique, ou exceptionnellement en une, deux, ou trois fois à l’instar de la Nouvelle Calédonie et ses trois référendums successifs. Cette consultation est parfois qualifiée de mère de bataille car les forces en présence concentrent toutes leurs énergies pour que les options défendues par chacune emportent l’adhésion de la population.


La Nouvelle Calédonie réinscrite depuis 1986 sur la liste des pays à décoloniser de ‘ONU n’échappe pas en cette période à cette explosion d’énergie qui se déclenche à l’approche de tels évènements qu’en général une personne ne vit qu’une seule fois dans sa vie. Et pourtant il s’agit là d’une étape nécessaire car l’acte d’autodétermination permet de redonner la parole à un pays colonisé ou territoire non autonome et à sa population concernée sur son propre devenir. Cette parole devant ainsi déboucher sur les trois options retenues par l’ONU : l’indépendance, l’association ou l’intégration à un autre pays.


Il convient ainsi de réunir toutes les conditions pour que cette consultation s’organise sur des règles claires et transparentes afin que la population concernée puisse s’exprimer en toute conscience et liberté sur les options proposées. Les résultats de cette consultation ne doivent être ni contestés, ni contestables devant la population du territoire non autonome de la Nouvelle Calédonie, la France puissance administrante et les Nations Unies représentant la communauté internationale.


Nous arrivons à un moment de notre histoire où chacun doit avancer l’un vers l’autre comme nous avons su le faire depuis plus de vingt-cinq ans. Ce que nous vivons actuellement vient de très loin, depuis le 18ième siècle et la rencontre de nos différents peuples. Cette histoire s’est façonnée par la sueur et le sang de nos anciens, des liens forts se sont noués, des concessions réciproques se sont réalisées. En ce qui concerne les indépendantistes ces concessions ont porté sur l’ouverture du droit de vote aux personnes arrivées et établies en Nouvelle Calédonie en 1983, lors de l’accord de Nainville les Roches, en 1988 à l’accord de Matignon et en 1998 à l’accord de Nouméa, cette dernière concession étant notre ultime concession. Par ailleurs, des contentieux se sont aussi constitués renforcés et ont perduré, créant de la suspicion, des malentendus et des blocages. Etant des insulaires nous avons dû en faire le quotidien de nos vies.


Le défi qui se pose à nous désormais est de savoir comment réussir le processus de décolonisation, comment faire en sorte de préparer au mieux nos populations à l’acte d’autodétermination afin de réussir sur la séquence des trois référendums, la décolonisation de la Nouvelle Calédonie. La communauté internationale suit de très près cette préparation, le 20 mai dernier à Managua au Nicaragua, chacun de nous a eu l’occasion de donner sa vision devant le séminaire de décolonisation de l’ONU, le Comité des 24 est prêt à nous fournir, sous réserve de l’autorisation du gouvernement français, toute l’aide et le soutien de ses experts dans le cadre de cette préparation. S’agissant de l’Etat, l’assemblée nationale et demain le sénat auront mis en place les groupes de contact nécessaires pour nous accompagner dans ce processus de décolonisation et d’émancipation.


Notre responsabilité à nous calédoniens est sollicitée aujourd’hui pour trouver des solutions viables dans le respect des valeurs et des options portées par chacun. Car le défi est de taille et digne, celui de réussir la décolonisation et l’émancipation de notre pays en mettant en place les conditions maximales devant favoriser l’expression de la population concernée calédonienne. Notre tâche est de donner corps à cette parole à venir à partir de 2018.


Mais les règles du jeu doivent être claires et leur application sans ambiguïté aucune, que ce soit sur le fonctionnement des commissions administratives spéciales, les CIMM, les compétences de chaque acteur, les critères d’inscription sur les listes. Les problèmes rencontrés sur l’établissement des listes provinciales n’étant pas entièrement réglés, il convient d’en débattre puisqu’il existe un lien de nature et d’opportunité et cela malgré nous entre les deux corps électoraux. Enfin la question de la facilitation des procédures d’inscription des natifs de Nouvelle Calédonie sur la liste électorale référendaire doit être réglée, notre délégation n’est pas opposée à un débat sur ce point d’achoppement ou tout et son contraire a été dit ces derniers temps.


Monsieur le Premier ministre, c’est dans cet état d’esprit et dans une démarche globale et volontariste que ma délégation participera activement aux travaux de ce comité des signataires extraordinaire.


Je vous remercie

Mr Roch WAMYTAN, Président du groupe UC FLNKS et Nationalistes

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 18:46

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