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  • Roch WAMYTAN
  • Homme politique, membre de l'Union Calédonienne et du FLNKS, Signataire de l'accord de Nouméa en 1998, Président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès de la Nouvelle-Calédonie
  • Homme politique, membre de l'Union Calédonienne et du FLNKS, Signataire de l'accord de Nouméa en 1998, Président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès de la Nouvelle-Calédonie

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 00:25

La signature d'un accord entre Air Calédonie et le syndicat USTKE, dans la nuit de mercredi à jeudi, suffit-elle à ramener le calme en Nouvelle-Calédonie ?

Rock WAMYTAN: Le protocole signé hier matin devait permettre l'arrêt du conflit. Les différentes parties sont venues, hier matin, à la rencontre des barragistes, notamment à Saint-Louis, où je me trouve, et dans les quartiers populaires de Montravet, à Nouméa, où des affrontements avaient eu lieu le veille. La tendance est désormais plutôt à l'apaisement.

Comment expliquer l'incarcération de syndicalistes, dont celle de Gérard Jodar, président de l'USTKE, condamné à un an de prison ferme à la suite d'actions dans le cadre de ce conflit ?

Rock WAMYTAN : On ne peut comprendre cette tension sociale sans évoquer la reprise en main politique voulue par Nicolas Sarkozy dès son arrivée à la présidence de la République. Ce gouvernement fait clairement le choix du tout
sécuritaire. « ne bougez pas le petit doigt ou nous frapperons » : telle est sa devise. Cette volonté de reprise en main est sensible dans l'ensemble des départements et territoires d'outre-mer. Voyez la précipitation avec laquelle l'état a décidé de faire de Mayotte un département français, au mépris des résolutions de l'ONU sur l'intégrité territoriale des Comores. Nicolas Sarkozy avait d'ailleurs annoncé la couleur dès 2006 dans sa campagne présidentielle. Sur le fond, il a opté pour une politique de réaffirmation de la puissance de la France et de l'autorité de l'état dans ce qu'il appelle « les outre-mer ». En nouvelle-Calédonie, cette politique passe d'autant plus mal que le pays est engagé, depuis l'accord de Nouméa, dans un processus de décolonisation et d'émancipation.

Craignez-vous une mise en cause de ce processus d'émancipation ?

Rock WAMYTAN : Certainement. Bernard Kouchner, qui représentait la semaine dernière Nicolas Sarkozy au sommet France-Océanie, a accueilli les délégations des pays voisins en leur souhaitant la bienvenue dans « cette terre de France ». Une telle formule parle d'elle-même. Ce gouvernement n’est pas hostile à l'autonomie de certains territoires. Mais il est hors de question, pour lui, de les voir quitter le giron de la France et de renoncer ainsi au statut de seconde puissance maritime mondiale, présente dans les trois océans. Des signes inquiétants viennent alimenter nos craintes. L'attitude martiale du haut-commissaire Yves Dassonville, missionné par Nicolas Sarkozy, en est un nous refusons que l'état verrouille ce processus d'émancipation pour empêcher le pays d'évoluer vers une pleine souveraineté, comme le préconisent le droit et les résolutions internationales.

Le syndicat USTKE ne mâche pas ses mots à l'endroit du FLNKS, qu'il accuse de « mollesse » sur la perspective d'indépendance et d'indifférence face à la situation sociale des populations kanakes. Ces critiques sont-elles fondées ?

Rock WAMYTAN : En partie, oui. En entrant dans les institutions, le FLNKS s'est un peu coupé du terrain, les luttes sociales. Ils s'est en outre replié, ces dernières années, sur des confrontations internes. Nous avons trop laissé filer les choses, privilégiant la gestion à court terme, quitte à susciter, parfois le mécontentement. Le Parti travailliste, récemment
créé par les membres de l'USTKE, se nourrit de ces lacunes. Je suis de ceux qui pensent que pour retrouver sa force, le FLNKS doit renouer franchement avec les luttes politiques et le combat social qui sont sa raison d'être.

 

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui

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