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  • Roch WAMYTAN
  • Homme politique, membre de l'Union Calédonienne et du FLNKS, Signataire de l'accord de Nouméa en 1998, Président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès de la Nouvelle-Calédonie
  • Homme politique, membre de l'Union Calédonienne et du FLNKS, Signataire de l'accord de Nouméa en 1998, Président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès de la Nouvelle-Calédonie

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21 octobre 2005 5 21 /10 /octobre /2005 00:03

Conférence de presse du jeudi 20 octobre 2005,
(Participation à la réunion de la 4ième commission de l’ONU)

Du 5 au 12 octobre 2005, la 4ième Commission de l’ONU chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation s’est réunie au siège de l’organisation à New York sous la présidence de Mr Yashar Aliyev ( Azebaïdjan). Cette réunion portait sur l’application de la déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, adoptée par l’assemblée générale en 1960 par sa résolution 1541 (XV). L’ONU affirmait notamment que les options de libre association avec un Etat indépendant, d’intégration à un Etat indépendant et d’indépendance pleine et entière, constituaient des options légitimes pour les populations colonisées. La 4ième commission examinait de même les autres points relatifs à la décolonisation et notamment ; la résolution 55/146 du 8 décembre 2000 qui fixe le plan d’action aux 191 Etats membres de l’ONU, pour éliminer le colonialisme à l’horizon 2010, dans le cadre de la deuxième décennie (2000 /2010) pour l’éradication du colonialisme.

Du fait de sa réinscription en 1986 sur la liste des pays à décoloniser, la Nouvelle Calédonie, bénéficie du droit inaliénable à l’autodétermination et donc a vocation à l’indépendance. Prés d’une centaine de pays étaient inscrits sur cette liste, 80 ont pu accéder à l’indépendance sous l’égide de l’ONU, 16 restent encore inscrits sur cette liste dont la Nouvelle calédonie. Chaque année à quatre reprises la question de la Nouvelle Calédonie vient en discussion devant les différentes instances de l’ONU :
-en mai au séminaire de décolonisation organisée à tour de rôle dans la région des Antilles et dans la région du pacifique. Le dernier en date s’est tenu du 17 au 19 mai 2005 à Saint Vincent et les Grenadines. Le prochain en mai 2006 à Nouméa, si notre proposition est acceptée ou à Timor proposé par ce pays lors des débats. Ce séminaire est l’occasion pour les représentants des pays colonisés et de leurs gouvernements autonomes de s’exprimer largement
-En Juin au Comité spécial chargé d’étudier la situation en ce qui concerne l’application de la déclaration de l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux, crée en 1961 et appelé Comité des 24. De 24 membres, sa composition est passée à 27 en 2003. Ce comité propose un projet de résolution soumis à l’instance supérieure
-En octobre, la 4ième commission chargée des questions spéciales et de la décolonisation qui à l’issue de ses travaux vote un projet de résolution soumis à l’assemblée générale
-En décembre l’Assemblée générales des Nations Unies examine et vote la résolution finale concernant l’application de la déclaration (charte de décolonisation) et des textes spécifiques.

Au cours de la semaine du 5 au 12 octobre 2005, la 4ième commission a examiné neuf projets de résolution qui portent :
- sur les renseignements relatifs aux territoires non autonomes (article 73 e de la charte), ces renseignements sont fournis par le secrétariat, les autorités de tutelle (la France) et les pétitionnaires dont un seul pour la Nouvelle Calédonie et une trentaine pour le Sahara occidental.
-sur les activités économiques et autres préjudiciables aux intérêts des peuples et des territoires, par exemple le pillage des ressources naturelles.
-Sur le rôle des organismes internationaux associés à l’ONU dans l’application de la charte
-Trois projets sur les territoires non autonomes, dont celui de Tokelau qui doit accéder au statut d’Etat Associé à la Nouvelle Zélande l’an prochain après le référendum de novembre 2005.
-Sur la diffusion d’information concernant la décolonisation
-Sur l’application de la déclaration de 1960
-Sur la deuxième décennie internationale de l’élimination du colonialisme

Cette réunion revêtait une importance particulière du fait de l’évaluation du plan d’action à mi-parcours de la décennie pour l’éradication du colonialisme (2000 / 2005) et de l’examen des orientations pour 2005 / 2010 avec l’objectif fixé d’en finir avec le colonialisme. Comme disait Kofi ANNAN ‘ « il faut clore ce chapitre inachevé de l’histoire » ou encore « au 21ème siècle, le colonialisme est un anachronisme » ou « une relique du passé »

Pour nous indépendantistes, il était important d’être présents à cette réunion. Parce que c’est notre mouvement de libération le FLNKS qui a lutté pour la réinscription de notre pays sur la liste de l’ONU et parce que l’accord de Nouméa est un accord de décolonisation et qu’à ce titre comme le précise l’accord « le cheminement vers l’émancipation sera porté à la connaissance de l’ONU » Avec les conflits internes au mouvement indépendantiste, plus personne n’est venu exprimer le point de vue du FLNKS ou de la mouvance indépendantiste depuis 2001. C’est pourquoi notre groupe qui défend l’idéologie et la pratique d’un UC dans le FLNKS m’a chargé de venir exprimer nos préoccupations devant cette commission. Car si nous sommes absents, les représentants de l’autorité de tutelle, la France sont présents et défendent leur position activement : cette position est d’affirmer devant la communauté internationale qu’en Nouvelle Calédonie l’application de l’accord de Nouméa ne pose pas de problèmes particuliers et que la France veille sur les conditions d’exercice du droit à l’autodétermination à l’horizon 2014. Le projet de résolution adoptée le 12 octobre reflète bien cet état d’esprit insufflé par les représentants de la France à l’ONU alors qu’il ne correspond absolument pas à la réalité du terrain. C’est ce que j’ai dénoncé à l’ONU dans ma déclaration dont vous avez le texte intégral déposé au secrétariat.

1/- Le Kanak devait être au centre du dispositif. Il reste en fait marginalisé. Sa marginalisation s’est accentuée dans certains secteurs clés de la société, dont la fonction publique.

2 /- La politique de peuplement européen s’est poursuiviemalgré les promesses des plus hauts responsables Français dont Michel Rocard signataire de l’accord de Matignon en 1988. Cette politique de peuplement métropolitain se poursuit en 2005 sous couvert de renforcement des liens entre la Métropole et les collectivités d’Outre Mer. Le Gouvernement français vient d’allouer 455 millions de FCFP pour aider les résidents à payer le billet aller retour sur la France. Cette disposition profitera en priorité aux Métropolitains installés de fraîche date en Nouvelle-Calédonie. La France continue de prendre en charge les frais de sa politique de peuplement Européen au mépris du droit international. Cet Etat colonisateur ne trouve pas d’argent pour le rachat des terres au profit des clans kanak dépossédés, mais il en trouve pour marginaliser encore plus le kanak dans son propre pays.
Cette immigration massive dans le sillage des grands projets métallurgiques et des projets en défiscalisation, concerne essentiellement la Province Sud. Le spectre de la partition se dessine par un peuplement à majorité européenne de cette Province. Le scénario est bien connu il a échoué au Vanuatu en 1980 mais a réussi pour l’île de Mayotte aux îles Comores en 1975 à la suite du référendum d’autodétermination. Le droit international et l’Accord de Nouméa interdisent formellement la partition des Territoires sous tutelle et la colonie de peuplement (chapitre IV article 11 du plan d’action de la résolution 55/146 du 8 décembre 2000 : les puissance administrantes devraient veiller à ce que l’exercice du droit à l’autodétermination ne soit pas entravé par des modifications de la composition démographique dues à l’immigration ou au déplacement des populations dans les territoires qu’elles administrent). Cela peut constituer une raison suffisante pour le peuple Kanak de dénoncer cet accord et de se mettre sous la protection de l’ONU comme cela a été le cas pour Timor de l’Est avant l’indépendance.
Cette situation accentue la déstructuration de la société kanak avec pour conséquences les fléaux qui en découlent : perte des références culturelles, marginalisation de la jeunesse …

3 /- S’agissant de la formation et de l’emploi Kanak, depuis des décennies, il est constaté le manque de réussite des enfants kanak dans le cursus scolaire et universitaire français. En règle générale, l’école reste encore « élitiste » au regard de l’obtention des diplômes même si beaucoup de moyens sont investis. Après 152 ans de colonisation, il n’y a aucun avocat kanak inscrit au barreau de Nouméa, un seul professeur d’université, trois médecins, quelques dizaines d’ingénieurs. Le taux d’échec au 1er cycle de l’Université de la Nouvelle Calédonie est important du fait essentiellement d’une orientation partisane des lycéens Kanak.

4/- L’emploi local n’est toujours pas protégé par une loi du pays. La conséquence est que dans la fonction publique, le nombre de kanak admis aux concours a diminué de façon drastique. Dans le privé, peu d’entreprises ont établi un véritable partenariat avec le dispositif des 400 cadres ou cadres avenir dont l’objectif visait un rééquilibrage des kanak dans les fonctions d’encadrement, d’où l’appel à l’immigration actuellement.

5/- Concernant le foncier,l’accord de Nouméa a reconnu la nécessité de donner satisfaction aux revendications foncières dans les zones périurbaines et a acté le principe de doter l’ADRAF de moyens adéquats Or le budget d’acquisition foncière de cet établissement d’Etat a été fixé pour 2005, à 115 millions de FCFP. Avec cette somme la capacité d’acquisition foncière s’élève à environ 150 hectares de terre au prix de l’are notamment dans les régions suburbaines, autant dire une goutte d’eau au regard des terrains revendiqués par les clans kanak. Le besoin en foncier Kanak se fait sentir essentiellement en Province Sud où de nombreux clans, chassés de leurs terres au début de la période coloniale, voient leur revendication légitime rejetée au nom du développement économique ou de l’urbanisation croissante. C’est le cas de Gouaro Deva dans la commune de Bourail, Naïa sur la commune de Païta ou encore l’opération Dumbéa sur mer dans la commune de Dumbéa. Des responsables Kanak se retrouvent ainsi devant la justice et condamnés pour avoir défendu leurs terres ancestrales (cf la famille At Chee)

6/-Le Kanak est contraint de se battre pour défendre son environnement. Depuis 1880, plus de 2 millions de tonnes de nickel métal ont été extraites des montagnes. Le pays est ainsi depuis 125 ans saigné et pollué, les montagnes éventrées, les forêts engloutis, les rivières et lagons comblés de stériles et de boues. La faune, la flore, la biodiversité, les écosystèmes marins, aquatiques et terrestres ont été détruits. Des villages et des tribus ont été déplacés et les grands centres miniers encore en activité comme ceux qui ne le sont plus offrent des images de désolation. Aucun code de l’environnement n’existe aujourd’hui et la réglementation actuelle et la police des mines datent des années 1950. Pour le moment aucun programme durable de réhabilitation des sites pollués n’a été décidé par les institutions de la Nouvelle Calédonie et de l’Etat. Aucun dédommagement des clans et chefferies et des populations des communes minières n’existe.

7/- Le corps électoral pour les élections provinciales est toujours glissant. Réservé aux personnes présentes sur le territoire en 1998 à la condition qu’elles aient 10 ans de résidence, ce droit a été étendu arbitrairement aux nouveaux arrivés alors qu’il constitue le point d’équilibre de l’architecture de l’accord de Nouméa. Lors de son passage à Nouméa en juillet 2003, le Président de la République, Jacques Chirac avait promis de régler ce point avant la fin de son mandat en 2007 et le Comité des signataires de janvier 2005 actait un calendrier qui vient encore d’être reporté en début 2006 avec le risque d’un report siné dié pour cause d’élection présidentielle en France.

8/- S’agissant de l’économie, le pouvoir demeure entre les mains des non Kanak opposés à l’indépendance. La tendance est au renforcement de ce contrôle. Le Kanak est absent de ce secteur où on ne lui a jamais laissé de place. L’alibi est que les Kanak, comme les océaniens en général, seraient, peu portés à diriger des entreprises ou tout simplement à s’épanouir dans le monde économique. Le seul secteur où intervient le Kanak, est la mine du fait essentiellement des résultats du combat politique et de la proximité des gisements de nickel des zones coutumières ou sous influence coutumières.

9/- Le pillage des ressources naturelles se poursuit et s’intensifie. Ce pillage porte préjudice à l’exercice futur du droit à l’autodétermination et met en péril la viabilité de l’Etat Kanak en devenir. Et cela en parfaite contradiction aux dispositions de l’article 12 (les puissances administrantes devraient appliquer des mesures visant à conserver les ressources naturelles à protéger l’environnement et à aider les peuples des territoires non autonomes à parvenir à un niveau maximal d’autosuffisance économique) et 17 (les Etats membres devraient être invités à envisager l’adoption au niveau national de mesures notamment d’ordre législatif qui décourageraient toutes les opérations et activités commerciales ou autres susceptibles d’entraver l’exercice par les peuples des territoires non encore autonomes de leur droit à l’autodétermination et à l’indépendance), chapitre IV du plan d’action. Pour sa part , l’accord de Nouméa a prévu à l’article 39 de la loi organique de mars 1999, la mise en place d’un schéma minier, d’une réglementation environnementale et d’une politique minière transparente avant l’échéance du 1er janvier 2004. Rien n’a été fait.

A l’heure actuelle, trois grands projets métallurgiques sont en cours de mise en place, dans le sud (Inco), le nord (Falconbridge) et Nouméa (SLN). Si ces projets réalisent leurs objectifs annoncés, la Nouvelle Calédonie devrait produire prés de 1.500.000 tonnes de nickel métal pour la période 2009 à 2019. A cette allure les ressources de notre pays, appelé à s’autodéterminer entre 2014 et 2019, vont s’épuiser rapidement. Comment dans ces conditions les populations pourraient elles décider de leur avenir dans un pays complètement pillé et pollué ? La situation s’est encore dégradée avec l’OPA lancée par INCO sur la société FALCON BRIDGE. Si l’opération se réalise dans les 60 jours, notre pays sera livré pieds et poings liés à une multinationale qui va se hisser, à notre détriment, au premier rang mondial du marché du Nickel et cobalt. Que restera t-il du seul projet de rééquilibrage, l’usine du nord qui demeure pour nous prioritaire ? Que restera t-il des principes défendus par le FLNKS ces dernières années : la maîtrise des ressources naturelles et le contrôle des outils qui valorisent ces ressources ? Nous assistons là à une nouvelle offensive des forces coloniales et néocoloniales pour s’assurer une main mise totale sur le pays.

Et que dire de la pollution chimique et atmosphérique ! En effet, en l’absence de contrôle en matière environnementale, le projet d’INCO met en œuvre un traitement chimique à l’acide sulfurique avec l’aval de la province sud et de l’Etat français par le biais de dérogations exorbitantes en matière de respect des normes de rejets de métaux lourds dans la mer et de rejets atmosphériques. Par ailleurs les études environnementales de base n’ont pas été correctement conduites et restent insuffisantes. Avec la politique menée actuellement dans le non respect de l’Accord de Nouméa et des dispositions du droit international, la pollution industrielle de la région du pacifique sud va s’accroître considérablement. Les pays du groupe du Fer de Lance Mélanésien et du Forum du Pacifique ont-ils pris conscience de ce risque ? Ont-ils seulement été informés officiellement comme le prévoit les conventions d’Apia et de Nouméa ?

10 /-Face à ces risques potentiels, les chefferies Kanak se sont organiséeset ont crée deux structures : le comité Rheebu nuu face à la multinationale INCO dans le sud et le Conseil autochtone pour la gestion des ressources naturelles regroupant l’ensemble des chefferies ayant subi la pollution minière. Concernant l’usine du sud, le comité Rheebu nuu estime qu’elle correspond à la mise en place d’une vraie poubelle industrielle dans le sud de la Nouvelle Calédonie. Il s’agit là encore une fois d’une affaire de gros sous, Goro nickel jouant ici le même rôle que le fameux boum du nickel de 1968 – 1972 qui permit d’attirer en Nouvelle Calédonie plus de 40.000 personnes pour noyer la revendication nationaliste Kanak et Calédonienne.

11 /-Il est donc urgent de mettre en place un dispositif de contrôleet de suivi des contrats passés entre multinationales et collectivités en s’inspirant notamment des initiatives de l’ONG britannique Global Witness et en demandant par ailleurs à l’ONU d’envisager la création d’une commission ad hoc pour protéger les richesses de la Nouvelle Calédonie à l’instar de ce qui a été fait pour le Congo.

En Conclusion, J’ai appelé à la vigilance de l’ONU sur le processus engagé, L’ONU doit interpeller la France dans son rôle d’acteur d’une décolonisation réussie dans un monde en crise permanente .Elle doit nous laisser le choix de décider de notre avenir et non nous imposer un choix en fonction de ses intérêts propres. Elle a la capacité de le faire, elle en a les moyens, grâce à son génie, reconnu dans le monde entier.

L’avenir du peuple kanak, peuple colonisé et celui de la Nouvelle Calédonie est sous la responsabilité de l’ONU,il faut nous aider à refermer avec dignité cette parenthèse de l’histoire qu’est le colonialisme Enfin, j’ai soutenu la proposition d’organiser le prochain séminaire de décolonisation de l’ONU à Nouméa en 2006 et sollicité qu’une mission de l’ONU comme en 1999, vienne se rendre compte en Nouvelle Calédonie des dérives de l’accord de Nouméa

Et à la demande du Président du Gouvernement de la Polynésie Française, Monsieur Oscar TEMARU, rencontré ce samedi 8 octobre à Papeete (Tahiti) ,j’ai demandé que l’Organisation des Nations Unies puisse examiner la question de la réinscription de la Polynésie Française sur la liste des Pays à décoloniser.

Face à l’offensive des forces contraires à l’émancipation politique et la dignité du peule Kanak, une seule stratégie s’impose à nous : se rassembler pour se réorganiser soit au niveau du FLNKS soit au sein d’organisations de soutien à la lutte. La nécessité demeure de toujours dénoncer les dérives et obtenir le soutien extérieur c’est ce qu’on demande encore une fois à nos représentants qui vont participer la semaine prochaine au Forum du pacifique en Papouasie Nouvelle Guinée. Nous luttons pour le destin commun et la citoyenneté, ces deux notions ne peuvent se comprendre pour nous que dans la perspective de l’indépendance.

Réponses aux questions des journalistes

1)- Vous êtes en situation délicate avec l’Union Calédonienne, vous n’êtes pas mandaté par le BP du FLNKS, quel peut être la portée de votre démarche ?

Réponse : Compte tenu de la situation dans laquelle se trouve le mouvement indépendantiste dans son ensemble, on ne peut plus se satisfaire du statut quo qui ne sert que les intérêts de nos adversaires politiques : ceux qui défendent la Nouvelle Calédonie Française. Il nous faut prendre des initiatives pour sortir de cette logique d’enfermement et d’auto neutralisation dans laquelle les leaders indépendantistes kanak se sont enlisés. Notre groupe défend l’idéologie de l’Union calédonienne à l’intérieur d’un FLNKS renforcé même si nous sommes encore en marge de la structure officielle. Nous sommes décidés à œuvrer pour un rapprochement et un rassemblement des forces indépendantistes autour du FLNKS qui reste la seule structure légitime pour porter jusqu’à son terme la revendication nationaliste.

2)- Votre position sur l’OPA lancée par INCO sur FALCONBRIDGE ?

Il s’agit d’une catastrophe, d’un véritable désastre politique pour notre pays qui a été placé sur la voie d’une émancipation politique par l’Accord de Nouméa et par son statut international du fait de son inscription sur la liste ONU des pays à décoloniser. Cette OPA si elle se réalise va hisser INCO, grâce au patrimoine Calédonien, au premier rang mondial de producteur de nickel. Cette nouvelle donne vient contrecarrer le principe de tout temps défendu par le FLNKS qui consiste à dire qu’il est nécessaire et vital pour notre survie que notre pays puisse maîtriser l’exploitation de ses richesses naturelles et contrôler les outils qui valorisent ces richesses. Les apprentis sorciers qui ont favorisé cette situation, contribuent à briser le processus d’émancipation de notre pays et à terme à barrer la route à l’indépendance (l’Etat Français en cédant le gisement de Goro à INCO en 1992, Jacques Lafleur, Philippe Gomez, le grand chef Hilarion Vendegou et les représentants des Province Nord et Iles qui ont accepté de participer au capital de Goro nickel pour des miettes). La Nouvelle Calédonie se trouve désormais pieds et poings liés à cette multinationale. Il sera donc nécessaire que l’Etat Français répare l’erreur à moins que cela fasse partie d’un plan machiavélique de sa part et que les Calédoniens s’organisent pour sauver ce qui peut l’être encore.

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