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  • Roch WAMYTAN
  • Homme politique, membre de l'Union Calédonienne et du FLNKS, Signataire de l'accord de Nouméa en 1998, Président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès de la Nouvelle-Calédonie
  • Homme politique, membre de l'Union Calédonienne et du FLNKS, Signataire de l'accord de Nouméa en 1998, Président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès de la Nouvelle-Calédonie

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 23:52

cadre-avenir.jpgMesdames et messieurs

Permettez-moi tout d’abord d’exprimer mes remerciements aux responsables de l’association « cadre À venir de NC » de m’avoir invité en tant que président du congrès à l’ouverture de votre colloque. Je voudrais aussi saluer l’ensemble des participants à ce colloque

A l’occasion des 24 ans d’existence des programmes « 400 cadres » et « cadres A venir », nos pensées vont à ceux qui ont imaginé ce dispositif de rééquilibrage nécessaire à la formation des élites kanak et non kanak de ce pays. Je pense plus spécialement à Jean Marie Tjibaou, qui a porté ce dispositif sur les fonds baptismaux des ADM, mais aussi aux deux autres signataires Jacques Lafleur et Michel Rocard, premier ministre de l’époque qui ont soutenu sans réserve le projet initié par JMT et le FLNKS.

Comme vous le savez, ce dispositif spécial de formation des cadres kanak est un des fondamentaux du principe de rééquilibrage qui sous tend toute l’architecture de l’accord de Matignon repris et amplifié par l’accord de Nouméa. La formation des 400 cadres est un des éléments clé de réponse de l’Etat français à la revendication nationaliste kanak violemment exprimée au cours des années 1984-1988. A la revendication d’indépendance du FLNKS, Michel Rocard répondra par « rééquibrage » qui se conjuguera de multiples façons : partage des responsabilités institutionnelles, développement économique, provinces, formation des cadres etc. d’où le caractère éminemment politique de ce dispositif. 400 cadres qui prendra plus tard la dénomination de Cadres A venir.

La formation des cadres va de pair avec autonomie ou indépendance. Il est impossible de construire un pays autonome ou indépendant sans des hommes du pays éduqués, formés, dynamiques et compétents dont l’action est nécessaire pour les besoins des entreprises et des administrations. La situation il y a 25 à 30 ans présentait de graves lacunes à ce niveau : peu de cadres calédoniens, pratiquement pas ou peu de cadres kanak ou océaniens. Tout était à faire et il était difficile d’imaginer un futur apaisé si une composante importante de la population calédonienne se trouvait exclue des postes d’encadrement et de responsabilité. Confier les postes d’encadrement aux seuls expatriés français devenait source permanente de conflit et d’instabilité chronique auquel il était urgent de remédier, ce fut dès lors le rôle assigné au dispositif des 400 cadres que reprendra l’ADN qui précise de « mieux prendre en compte les réalités locales, l’environnement régional et tendre à la poursuite du rééquilibrage et à l’accession des kanak aux responsabilités dans tous les secteurs d’activités »

Certes ce processus de formation spécifique à la Nouvelle-Calédonie, initialement réservé aux kanak s’est ouvert aux autres communautés mais c’est bien dans un cadre défini, choisi et maîtrisé. Le destin commun se traduit aussi dans ce type d’acquis de la lutte indépendantiste qui a ainsi bénéficié à la NC tout entière et c’est bien ainsi.

La mise en place du dispositif a ainsi fait naitre beaucoup d’espoir et des centaines de jeunes ont répondu favorablement avec plus ou moins de succès. Mais si le pays possède aujourd’hui un certain nombre de compétences, c’est notamment grâce à tous ceux d’entre vous qui, ont réussi et qui depuis plusieurs années, se sont efforcés de proposer une nouvelle dynamique dans chacun des secteurs où vous évoluez.

Afin de faire vivre l’esprit qui a vu naitre le dispositif dont vous avez bénéficié, cad la formation des cadres locaux, vous devez quelque part vous faire les ambassadeurs zélés ou plus prosaïquement des militants actifs de l’emploi local qui demeure une priorité pour le pays. Une priorité devant se traduire par des actions favorisant l’accession aux emplois à responsabilité au sein des organisations calédoniennes par les calédoniens.

Chacun d’entre vous, nous, doit être ainsi intimement impliqué dans cette politique de gestion des ressources humaines. Le recrutement des personnels en est la clé et vous constituez à votre niveau un maillon non négligeable dans le processus d’embauche des entreprises et des administrations. C’est pourquoi je vous encourage à favoriser l’emploi des calédoniens notamment dans des postes à responsabilités.

Des milliers d’emplois d’encadrement sont actuellement pourvus par des expatriés, en face de cela, des centaines ou des milliers de jeunes kanak et calédoniens sont potentiellement aptes à les occuper sous réserve d’une formation adéquate et adaptée. Certes c’est du ressort des pouvoirs publics de l’état et du territoire chacun à leur niveau de compétence d’œuvrer efficacement à accompagner le parcours de ces jeunes afin de pouvoir occuper ces emplois. Mais au vu de vos propres parcours et expériences, vous avez aussi votre parole à dire, une parole qui éclaire et qui guide les décisions et des pouvoirs publics et des jeunes partants, il ne tient qu’à vous de vous organiser pour que votre parole soit audible et crédible.

Enfin de nouveaux défis se posent à notre pays. Un pays en construction dans une économie mondiale globalisée. Un pays prospère, doté d’un fort taux de croissance, d’un taux d’inflation contenue. Un pays doté d’une rente nickel et de transferts importants de la métropole qui fonde sa prospérité mais quelque part ses paradoxes tel que de fortes inégalités sociales et ethniques, des secteurs quelque peu laissés à l’abandon (agriculture, tourisme), des problèmes de santé publique, de délinquance, d’addiction, de cherté de vie, de formation inadaptée ou insuffisante.

Demain ou après demain les cours du nickel vont ou commencent déjà à baisser, les transferts métropolitains vu l’état des finances de la France vont se raréfier, comment dans ces conditions continuer d’assurer une prospérité tout en s’attaquant aux paradoxes de notre économie ? Un effort d’imagination est nécessaire et doit s’allier à une volonté politique pour trouver de nouveaux secteurs de production à forte compétitivité, de nouveaux métiers ou des métiers à haute technologie vont émergés afin de répondre aux nouveaux défis.

Ce sera alors de nouveaux défis aussi pour la formation qui devra aussi s’adapter à la nouvelle donne. Je vous invite donc à y réfléchir sérieusement et vous projeter à l’horizon 10 à 15 ans afin d’apporter votre pierre à la NC de demain qui se pense aujourd’hui. Nous devons nous engager maintenant à bâtir une société dans laquelle tous les calédoniens, qu’ils soient kanak, caldoches, wallisiens ou indonésiens, pourront se tenir debout et marcher sans crainte, sûrs de leurs droits et de l’avenir de leur famille.

Je vous remercie et je vous souhaite, un bon travail et un bon colloque

Roch WAMYTAN

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