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  • Roch WAMYTAN
  • Homme politique, membre de l'Union Calédonienne et du FLNKS, Signataire de l'accord de Nouméa en 1998, Président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès de la Nouvelle-Calédonie
  • Homme politique, membre de l'Union Calédonienne et du FLNKS, Signataire de l'accord de Nouméa en 1998, Président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès de la Nouvelle-Calédonie

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 15:53
Déclaration de M. Roch Wamytan Président  du Groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès de la Nouvelle-Calédonie  Signataire FLNKS de l’Accord de Nouméa

Session de la Quatrième Commission
de l’Assemblée générale
des Nations Unies
Octobre 2015

Organisation des Nations Unies (New York), 4ième commission,

Vendredi 9 octobre 2015 15h

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les membres de la Quatrième Commission,

Permettez-moi tout d’abord de vous féliciter Mr le président (Brian Bowler (Malawi)) pour votre élection à la présidence de cette 4ième commission. Merci encore une fois de donner la parole aux représentants des territoires non autonomes
Après 162 ans de colonisation française, la Nouvelle Calédonie arrive à un moment crucial de son histoire avec la préparation du référendum d’autodétermination qui permettra à la population concernée de se prononcer sur son devenir à l’horizon 2018. Cette période délicate s’ouvre avec la commémoration des 70 ans de l’Organisations des Nations Unies qui a conduit des millions de personnes soumises au joug colonial de pouvoir par l’acte d’autodétermination être maitre de leur destin. Il y a aussi 70 ans de cela, la France retirait la Nouvelle Calédonie de la liste des pays à décoloniser de l’ONU, au nom de ses intérêts supérieurs sans aucune concertation avec le peuple kanak qu’elle colonisait depuis 1853. Encore aujourdhui, c’est toujours au nom de ses intérêts supérieurs et de sa place dans le monde que la France maintient sa stratégie d’action que nous estimons être : ligne rouge de l’indépendance interdite, c’est notre analyse ! Même si nous sommes dans une démarche de dialogue et de concertation permanente avec la puissance administrante depuis les accords de Matignon et Nouméa en 1998, c’est cette politique des gouvernements français successifs, contraire au processus d’émancipation et de décolonisation que nous dénonçons devant votre assemblée, année après année depuis la réinscription de la Nouvelle Calédonie sur la liste des pays à décoloniser en 1986. Une politique qui se décline en de multiples facettes dont notamment l’afflux de migrants nationaux français qui continue de rendre minoritaire le peuple kanak dans son propre pays, les résultats du dernier recensement le confirment. Ou encore les insuffisances du rééquilibrage qui continuent de marginaliser une bonne partie de la population kanak dont la jeunesse, de même que les politique menées dans le cadre des transferts des pouvoirs régaliens tentant de mettre en place en Nouvelle Calédonie un système proche de la Françafrique. Il en est ainsi des relations régionales et internationales où la puissance administrante se sert parfois de notre pays comme cheval de Troie pour renforcer son influence dans le Pacifique à l’instar des tentatives d’obtenir du Forum des Iles du Pacifique, organisation réservée aux pays indépendants, un statut de membre à part entière pour la Nouvelle Calédonie. Il en va de même du dossier épineux des listes électorales spéciales, de celui de l’exploitation du nickel, et enfin des décisions de politique carcérale. Ces décisions conduisent la puissance administrante, depuis septembre de cette année 2015, à déporter, comme au temps du bagne au 18ième siècle, les jeunes kanaks condamnés à des actes d’incivilités, à 20.000km de chez eux, vers des quartiers de haute sécurité des prisons en France, ceux réservés à priori aux criminels notoires. En filigrane, se retrouve la même constante que nous estimons être la suivante : toute forme de revendication nationaliste ne doit pas mettre en péril les intérêts supérieurs de la France et sa place dans le monde, notamment celle de deuxième puissance maritime mondiale grâce aux territoires sous souveraineté française dans le Pacifique.

Sur la question problématique de l’établissement et de la révision des listes électorales spéciales pour les élections provinciales et pour la consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté en 2018, cette ligne politique française, se dessine en filigrane de l’évolution du dossier. En effet, alors que tous les groupes politiques du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, y compris les groupes politiques non-indépendantistes, ont donné publiquement et officiellement leur accord sur le principe de l’implication d’observateurs de l’ONU dans le processus électoral, l’Etat tergiverse, fait trainer les choses, avance des arguments administratifs ou l’hypothétique contradiction d’une implication de l’ONU avec les principes républicains, et nous n’avons jusqu’à présent aucun écho d’une éventuelle initiative à ce propos de la France vers l’ONU. Alors que, dans les différents rapports officiels de l’organisation, il est souvent rappelé la qualité du dialogue et de la concertation entre la mission française et le comité de décolonisation.

Devant ce constat , nous renouvelons nos demandes d’une implication volontariste et engagée des Nations Unies dans le processus de décolonisation de Nouvelle-Calédonie afin que le peuple kanak, peuple autochtone et colonisé, comme l’ensemble des citoyens calédoniens, puissent bénéficier d’un véritable acte d’autodétermination, libre, transparent, et en accord avec les principes des Nations Unies.

Je vous remercie.

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