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  • Roch WAMYTAN
  • Homme politique, membre de l'Union Calédonienne et du FLNKS, Signataire de l'accord de Nouméa en 1998, Président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès de la Nouvelle-Calédonie
  • Homme politique, membre de l'Union Calédonienne et du FLNKS, Signataire de l'accord de Nouméa en 1998, Président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès de la Nouvelle-Calédonie

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 09:18
Comité des signataires extraordinaire (Hôtel MATIGNON, Paris le 5 juin 2015)

Monsieur le Premier Ministre

Madame la Ministre de l’outre-mer
Monsieur le Haut-commissaire
Mesdames et Messieurs

Je voudrais tout d’abord vous remercier Mr le premier ministre pour la teneur de votre discours d’ouverture de ce Comité des signataires extraordinaire dédié au projet de modification de la loi organique relative à l’accession du pays à la pleine souveraineté et notamment lorsque vous confirmez la responsabilité de l’Etat français dans l’application de l’accord de Nouméa et la préparation du dispositif qui succèdera à cet accord. Je voudrai aussi vous remercier pour l’hommage adressé au grand chef Nidoish Naisseline, ce grand humaniste qui aura marqué de son empreinte la vie calédonienne de ces quarante dernières années.

Les sujets de discussion concernant le corps électoral de la consultation référendaire ne manquent pas compte tenu de ce type particulier de consultation. En effet la consultation référendaire ou le référendum d’autodétermination vient clore le processus de décolonisation d’un pays. Comme le disait un secrétaire général des nations Unies, elle vient fermer la parenthèse de la colonisation. Dans l’histoire d’un pays, elle est souvent à coup unique, ou exceptionnellement en une, deux, ou trois fois à l’instar de la Nouvelle Calédonie et ses trois référendums successifs. Cette consultation est parfois qualifiée de mère de bataille car les forces en présence concentrent toutes leurs énergies pour que les options défendues par chacune emportent l’adhésion de la population.


La Nouvelle Calédonie réinscrite depuis 1986 sur la liste des pays à décoloniser de ‘ONU n’échappe pas en cette période à cette explosion d’énergie qui se déclenche à l’approche de tels évènements qu’en général une personne ne vit qu’une seule fois dans sa vie. Et pourtant il s’agit là d’une étape nécessaire car l’acte d’autodétermination permet de redonner la parole à un pays colonisé ou territoire non autonome et à sa population concernée sur son propre devenir. Cette parole devant ainsi déboucher sur les trois options retenues par l’ONU : l’indépendance, l’association ou l’intégration à un autre pays.


Il convient ainsi de réunir toutes les conditions pour que cette consultation s’organise sur des règles claires et transparentes afin que la population concernée puisse s’exprimer en toute conscience et liberté sur les options proposées. Les résultats de cette consultation ne doivent être ni contestés, ni contestables devant la population du territoire non autonome de la Nouvelle Calédonie, la France puissance administrante et les Nations Unies représentant la communauté internationale.


Nous arrivons à un moment de notre histoire où chacun doit avancer l’un vers l’autre comme nous avons su le faire depuis plus de vingt-cinq ans. Ce que nous vivons actuellement vient de très loin, depuis le 18ième siècle et la rencontre de nos différents peuples. Cette histoire s’est façonnée par la sueur et le sang de nos anciens, des liens forts se sont noués, des concessions réciproques se sont réalisées. En ce qui concerne les indépendantistes ces concessions ont porté sur l’ouverture du droit de vote aux personnes arrivées et établies en Nouvelle Calédonie en 1983, lors de l’accord de Nainville les Roches, en 1988 à l’accord de Matignon et en 1998 à l’accord de Nouméa, cette dernière concession étant notre ultime concession. Par ailleurs, des contentieux se sont aussi constitués renforcés et ont perduré, créant de la suspicion, des malentendus et des blocages. Etant des insulaires nous avons dû en faire le quotidien de nos vies.


Le défi qui se pose à nous désormais est de savoir comment réussir le processus de décolonisation, comment faire en sorte de préparer au mieux nos populations à l’acte d’autodétermination afin de réussir sur la séquence des trois référendums, la décolonisation de la Nouvelle Calédonie. La communauté internationale suit de très près cette préparation, le 20 mai dernier à Managua au Nicaragua, chacun de nous a eu l’occasion de donner sa vision devant le séminaire de décolonisation de l’ONU, le Comité des 24 est prêt à nous fournir, sous réserve de l’autorisation du gouvernement français, toute l’aide et le soutien de ses experts dans le cadre de cette préparation. S’agissant de l’Etat, l’assemblée nationale et demain le sénat auront mis en place les groupes de contact nécessaires pour nous accompagner dans ce processus de décolonisation et d’émancipation.


Notre responsabilité à nous calédoniens est sollicitée aujourd’hui pour trouver des solutions viables dans le respect des valeurs et des options portées par chacun. Car le défi est de taille et digne, celui de réussir la décolonisation et l’émancipation de notre pays en mettant en place les conditions maximales devant favoriser l’expression de la population concernée calédonienne. Notre tâche est de donner corps à cette parole à venir à partir de 2018.


Mais les règles du jeu doivent être claires et leur application sans ambiguïté aucune, que ce soit sur le fonctionnement des commissions administratives spéciales, les CIMM, les compétences de chaque acteur, les critères d’inscription sur les listes. Les problèmes rencontrés sur l’établissement des listes provinciales n’étant pas entièrement réglés, il convient d’en débattre puisqu’il existe un lien de nature et d’opportunité et cela malgré nous entre les deux corps électoraux. Enfin la question de la facilitation des procédures d’inscription des natifs de Nouvelle Calédonie sur la liste électorale référendaire doit être réglée, notre délégation n’est pas opposée à un débat sur ce point d’achoppement ou tout et son contraire a été dit ces derniers temps.


Monsieur le Premier ministre, c’est dans cet état d’esprit et dans une démarche globale et volontariste que ma délégation participera activement aux travaux de ce comité des signataires extraordinaire.


Je vous remercie

Mr Roch WAMYTAN, Président du groupe UC FLNKS et Nationalistes

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